Avis

Quatorze auteurs bêtes et méchants – Recueil de nouvelles

Couverture et présentation :

POUR ADULTES CONSENTANTS
On ne va pas vous mentir.

Ceci n’est pas une œuvre à vocation caritative. Aucun des quatorze auteurs ayant commis ce recueil n’a vraiment la fibre philanthropique. Les recettes générées par cet ouvrage ne serviront pas à équiper en prothèses un cul-de-jatte ou à financer la recherche contre l’acné juvénile.

Non, les quatorze salopards dont les noms figurent sur cette couverture ne se sont alliés que pour la plus noble des causes : l’appât du gain. Ce qui n’exclut pas qu’ils y aient pris du plaisir.

Il y a en effet quelque chose de foncièrement jouissif à se montrer bête et méchant. Vous ne trouverez pas cet aphorisme chez vos petits camelots du bonheur en boîte, et pourtant il se vérifie depuis que le premier homme des cavernes a buté son premier dinosaure : la bêtise et la méchanceté, comme le sexe et l’argent, font tourner le monde.

Au contact de ces quatorze nouvelles, vous rirez souvent, vous pleurerez parfois, et peut-être, au détour d’un paragraphe, apprendrez-vous quelque chose sur vous-même. Sincèrement, c’est tout le mal que l’on vous souhaite.

Comme quoi, on n’est pas si méchants.

Fred Soulier, chef de meute

 

Editeur : auto-édition
Numérique : 2€99
Papier : 14€
Pages : 346
Sortie : juillet 2019

Mon avis :

Grande mise en garde qui n’est pas négligeable. Le contenu de ce recueil peut être choquant. Cela ne conviendra pas à tout le monde. Âmes sensibles, s’abstenir. (Je suis très sérieuse ! )

Tout avait si bien commencé lorsqu’un texte a dépassé mon seuil de tolérance personnel quant à ce dont je suis capable de supporter dans ce registre « bête et méchant ».

Avant d’en arriver aux grandes explications générales, je me permets de vous parler brièvement de chacune des nouvelles dans leur ordre d’édition.

  • En rond dans la nuit de Raphaël Morgano

C’est un texte qui figure dans mon top 3 personnel parce que j’ai pris un malin plaisir à y trouver des choses que j’ai pu lire dans un texte de Bouffanges. Ce n’est pas l’unique raison. Nous suivons un groupe d’hommes participant à un enterrement de vie de garçon peu conventionnel. C’est machiavélique et brillamment mené et terriblement représentatif. J’ai été soufflée par cette histoire où vous pourrez trouver le thème de la folie.

  • La-la-la-la-la de Luca Tahtieazym

Avez-vous des phobies ? L’auteur en énumère un certain nombre ici que j’ai aimé découvrir. L’ensemble était intéressant.

  • Cousinade de Gérald Connard

Voilà une nouvelle assez portée sur le sexe et et beaucoup sur le jeu. Je mesure mes propos parce que même si j’ai grimacé et écarquillés les yeux, ce n’est pas forcément de plus mauvais goût que ce qu’on peut retrouver dans nos romances érotiques aujourd’hui et c’est aussi en second plan. Gontrand rend visite à son cousin dans son manoir, mais lequel des deux saura se montrer plus malin que l’autre ? La chute est excellente.

  • Projet X de Leo Rutra

Leo Rutra met en scène un drôle de coursier et dépeint une triste réalité de notre quotidien. Nouvelle validée… au moins sur le fond !

  • Aptonymie de Nick Gardel

Voilà un texte auquel je n’ai rien saisi. Je ne sais pas si je dois m’excuser de ne pas être assez intelligente pour saisir les subtilités. Un flop. (Mais évidemment, si c’est à votre portée, j’imagine que vous saurez y voir ce qui était insaisissable pour moi.)

  • L’éclair du génie de Arnaud Le Bian

Ahhhhhhhhhhh, la voici la terrible nouvelle qui fâche et qui m’a obligé à refermer ma liseuse sous peine de l’envoyer s’encastrer dans un mur. Oui. A ce point. La fin est excellente ici aussi mais pour le reste, ayez l’estomac bien accroché : on y aborde le racisme et la pédophilie en majeure partie mais aussi le viol et très loin du politiquement correct auquel on m’a habitué. Cruauté et violence sont au rendez-vous.

  • Take a ride (on the wild side)  de Odehia Nadaco

Un enfant se retrouve embarqué dans une drôle d’histoire. Cette fois, même si l’on traite d’un sujet grave, j’ai apprécié la façon dont on nous le livre. Belle chute ici aussi.

  • Qualis Pater de Jo Rouxinol

Que devons-nous à nos parents ? Le héros ici va y être confronté. Ah, la douce violence… Texte agréable à lire dans son genre bête et méchant.

  • A la guerre comme à la guerre de Soren LeWis

Voilà une nouvelle très appréciable bien que ça reste assez prévisible. Un entretien d’embauche qui va tourner court.

  • La revanche du kakapo de Bouffanges

J’avais tellement hâte de relire ce texte que j’avais beaucoup aimé malgré un premier choc suite à une scène un peu hard qui s’y déroule. Scène que j’ai validé parce qu’elle est nécessaire pour enfoncer le clou. Si vous avez envie de découvrir les galères d’un écrivain entouré de sa femme, de son agent et de son meilleur ami, allez-y. La chute… une merveille ! (Oui, ne négligez pas l’importance de la chute, désolée de me répéter ! )

  • Tagada de Marie-José Gargouil-Ferré

Des disparitions d’enfants. Un texte assez grave d’une certaine façon mais je n’ai pas été très convaincue par la fin.

  • Frères de casque de Frédéric Soulier

Prenez une personne atteinte de nanisme, laissez-le rencontrer Léon (je vous en reparle plus tard de ce monsieur ! ) et ça donne une histoire assez spéciale.

  • Memento mori de Patrice Quélard

Sexisme, homophobie, racisme, violences… bon appétit aux côtés du charmant gardien de la paix et de son sauveur. Mais il y avait aussi quelque chose de spécial lié à Bouffanges (encore lui) qui fait que j’ai été plus réceptive malgré mon envie de jeter ma liseuse…

  • Vade Retro Satanas de Stéphane Grisard

Ah, la religion… (il fallait bien qu’elle s’en mêle)
Et c’est assez particulier. Et la conclusion plutôt hard mais du coup, c’est bien joué.

 

Si certains textes m’ont paru plus acceptables que d’autres, cela m’a permis de mettre en lumière mon seuil de tolérance face à la connerie humaine. Je ne connais pas les auteurs. Je ne connais pas leurs convictions personnelles. Au détour de ces lignes, on peut constater la profonde lassitude de ce monde qui donne l’impression de ne plus tourner rond. En vérité, chaque thème abordé dans sa bêtise et sa méchanceté fait l’objet de nombreuses critiques depuis longtemps. Chacun son point de vue…

Quant à ce brave Léon, je vous laisse l’opportunité de le découvrir, le bougre est partout. Il a ma préférence dans la nouvelle signée Patrice Quélard.

Tout de même, je suis la lectrice la plus critiquable alors que j’essaie de lire de tout, surtout de l’auto-édition. Ma notion de qualité n’est assurément pas tout à fait la même que les bien-pensants et je m’en contrefiche.

Je n’ai jamais été celle qui voulait gagner la course. Je préfère être sur le banc de touche. Et sur ces mots, je m’en vais lire une bonne vieille romance, pourvu qu’elle soit gay, histoire de faire remonter un peu mon espoir en l’humanité.

Juste pour info, je n’ai pas encore lu du Grimaldi mais je compte bien le faire un jour ! Mon ego ne s’en portera ni mieux ni pire mais ça m’enlèvera assurément les images horribles que je garde de la nouvelle de Arnaud Le Bian (qui saura trouver son public).

Je tiens quand même à féliciter tous les auteurs d’avoir planché sur ce thème Bête et Méchant. C’est réussi.

 

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