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Tutoyer ou vouvoyer sur Internet ?

Bonjour par ici,

j’espère que vous allez bien. Je reviens avec un article particulier parce que j’ai parfois l’impression d’être une alien à user du « vous » sur la toile. Évidemment, il y a des nuances que je ne mettrais pas forcément dans l’article pour éviter que ce ne soit trop long et indigeste.

Sur les blogs, on tutoie !

Ah bon ? Première nouvelle ! Il paraît qu’on peut se donner du « tu » à tout va. D’accord. Je prends note du phénomène et l’applique du mieux que je peux.

Mais derrière un blog, il y a au moins une personne. Cette personne n’a peut-être pas envie d’être tutoyée. Si cela ne vous cause aucun problème de sauter dans le tas, de penser que vous êtes de près ou de loin impliqués dans une relation qui adopte le tutoiement, d’accord. Cependant, ayez aussi conscience que la personne en face de vous ne veut peut-être pas ce type de lien.

C’est vrai que depuis que j’ai mon blog, je tutoie quasiment tous ceux qui passent chez moi ou ceux chez qui je passe. Mais qui a décidé que c’était normal ? Je comprends la facilité à user du « tu » mais je ne crois pas que nous devrions considérer son utilisation comme banale.

Tutoyer, oui, mais quand même !

Dans votre vie réelle, vous tutoyez sûrement les membres de votre famille, vos amis, peut-être vos collègues de travail. Vous êtes dans une relation qui implique de l’amour, de l’amitié, de l’attachement. (Pour les collègues de boulot, ce n’est pas garanti mais je pense que vous avez compris ce que je veux dire.)

Il y a des chances pour que vous vouvoyez votre patron, les habitants de votre quartier avec qui vous n’avez pas lié d’amitié, les vieilles âmes, pas pour vous rendre prétentieux mais par respect.

Parfois, il y a de la prétention : un membre de ma famille a décidé ado de vouvoyer ses parents. C’est toujours le cas aujourd’hui. Ce n’est pas du respect, c’est de la mise à distance et dans ce cas bien précis, un rejet. Je vous passe les détails sur mes pensées à ce sujet. Elles ne sont pas bonnes du tout.

Pourquoi je crois qu’il est important de prendre conscience de ce que votre « tu » implique ?

La première chose, c’est la familiarité. Souvent, ça permet une relation bon enfant, le fait de taquiner, faire des blagues, que sais-je encore ?

Cette familiarité entraîne de façon volontaire ou non des échanges plus personnels qui, s’ils ne sont pas obligatoires arrivent. Vous êtes prêts pour ça ?

Et c’est là-dessus que j’aimerai attirer votre attention.

Mon expérience en ligne m’a montré deux types de gens qui ressortent.

Vous avez ceux qui vous interpellent et sont intéressés par ce que vous pourriez avoir à dire. Même si ça peut vous sembler hypocrite, alors que vous ne vous connaissez peut-être pas. S’ils posent une question, c’est que votre réponse a son importance même si ce n’est qu’un oui ou un non.

Exemple imaginaire :

« Hé salut Instagram, aujourd’hui je vais au ciné avec ma BFF. On va voir Harry Potter. Vous l’avez-vu ? Qu’allez-vous faire de beau ? »

Commentaire A : Harry Potter, c’est trop génial. Je l’ai vu hier soir. Amusez-vous bien ! Moi, je vais à la pêche avec ma sœur. J’ai pas envie. (commentaire liké)

Réponse possible : Beurk la pêche, je déteste. Bon courage. Reviens me dire si tu as pêché quelques poissons.

Là, vous êtes en présence de quelqu’un qui vous a accordé de l’attention, tout comme vous avez pu accorder la vôtre en prenant le temps de lui laisser un petit mot. Je soutiens qu’il y a peut-être de l’hypocrisie derrière ça mais gardons plutôt à l’esprit qu’il s’agit d’échanges destinés peut-être à vous rapprocher si vous avez des points communs. Les réseaux sociaux sont des lieux de rencontre (pas uniquement sexuelle pour ceux qui ne verraient que ça.)

Il y a aussi ceux qui font penser qu’ils s’intéressent à vous mais qui en ont potentiellement rien à faire, quoi que vous disiez.

Exemple imaginaire :

« Salut Facebook, je suis allé au resto « les délices de nawak », c’était trop bon. Si t’es sur Paris, pense à découvrir leurs plats. Tu connais ? Et sinon, tu as fait quoi ce soir ?  »

Commentaire A : Je connais ! j’y étais ce midi. J’ai testé la carbo. C’était d’enfer. D’ailleurs, c’est mon cousin qui est en cuisine. Tu as pris quoi ?
(Commentaire ignoré, pas liké)

Commentaire B : Hé mec ! Faudra que tu m’y invites.
(Commentaire liké)
Réponse : Oui, c’est vrai que je te dois un resto. On se fait ça la semaine pro. Comment va la famille ?
(et la discussion peut continuer à l’infini)

Dans ce deuxième exemple, vous avez la personne qui trie. Si elle connaît, elle répond, sinon, elle ignore. Pourtant, c’est un commentaire qui lançait un échange, pas hors sujet non plus. Si j’ai choisi Facebook comme exemple, c’est parce qu’il y a la nécessité d’être « ami » pour pouvoir voir et répondre aux publications. Expliquez-moi l’intérêt d’avoir 3000 amis sur votre FB pour en ignorer une partie sous prétexte que vous ne vous connaissez pas ou je ne sais quoi d’autre. En réalité, cette personne ne pose pas de question. Elle interpelle tout le monde mais ne s’intéresse qu’à ses « proches ».

Il y a aussi ceux qui vous posent des questions, « like » votre réponse par principe mais ne poursuivent pas l’échange qu’ils ont eux-même lancé.

Le tutoiement ici implique une fausse proximité. En tutoyant, vous laissez les autres penser qu’ils peuvent discuter avec vous sur le sujet que vous avez lancé mais la porte n’est pas forcément ouverte à tous. Vous connaissez l’indifférence ? Vous savez combien elle fait mal ?

Mon expérience Facebook sur un groupe en tant que modératrice.

Je ne vais pas rentrer dans les détails mais je vouvoyais les usagers du groupe. Je tutoyais l’équipe de modérateur. J’ai fait de belles rencontres mais j’ai aussi connu le harcèlement en ligne. Si je n’ai été qu’un dommage collatéral, une de mes amies a vu sa vie devenir un enfer, au point de mettre en jeu son mariage. Jusque là, oui.

Où je souhaite en venir exactement ? Le tutoiement impliquait une proximité, en découlait un semblant d’amitié virtuelle, avec des échanges « pro » mais surtout beaucoup de perso. La personne derrière ce harcèlement s’amusait à appuyer là où ça fait mal. Un modérateur est parti parce qu’il en a eu marre de se faire traiter de tapette constamment. Peu importe, il n’y a aucun jeu qui mérite qu’on se fasse insulter alors qu’on est là pour se détendre. J’ai eu ma dose et je me suis assurée que rien de ce que j’avais pu confier à l’équipe ne puisse se retourner contre moi. Mais quand même, comme je passais une partie de mes nuits sur Internet, la tête pensante a commencé à dire au groupe que j’étais une mauvaise mère, etc… J’avais vingt-deux ans. Ça m’a atteint même si je me suis relevée.

Automatiquement, vous pensez qu’un écran vous protège. C’est faux. Pendant plusieurs mois, j’ai cru avoir des amis virtuels mais c’était tellement faux là encore.

Si j’avais gardé ma ligne de conduite, ce « vous » m’aurait permis de mettre des barrières.

Le « vous » souvent décrié mais qui pose des limites de manière inconsciente.

« Vous » permet de se positionner à distance mais aussi de mettre de la distance.

Vous vous préservez des autres et vous préserver ceux qui ont des espoirs placés en vous sans que vous en ayez conscience.

J’ai un exemple à vous proposer puisque nous sommes sur un blog qui vous parle de livres.

Les auteurs, je les vouvoie. Quelques exceptions cependant mais qui se sont mises en place avec le temps et des échanges réguliers. Je vous rassure tout de suite, leur nombre est restreint.

Pourquoi je vouvoie les auteurs ?

Je prends les choses très à cœur, on me le « reproche » parfois. Suite à une déconvenue, j’ai eu besoin de ce « vous » pour me protéger.

Pour bien vous expliquer, je vous relate les faits.

Je lis un roman que j’ai bien aimé, sur lequel j’avais envie de dire des choses, et qui mieux que son auteur pour être à mon écoute ? L’auteur précise apprécier les retours de ses lecteurs. Donc, je me lance, je rédige un long message à propos de son livre. J’ai posé une ou deux questions (pas personnelles ! ) et j’ai expliqué pourquoi j’avais été touchée par son texte qui faisait écho à un événement difficile de ma vie (rien de larmoyant ni de trop perso non plus). Je poste mon mail… et rien. Rien ! Déçue, j’ai été déçue. Il y en a eu d’autres qui m’ont à peine écrit un truc « bateau » du style « Merci de ton intérêt » et c’est tout.

Au bout d’un moment, ça ne passe plus. Pourquoi ? Parce qu’un auteur qui se positionne avec ce tutoiement, qui dit aimer converser avec ses lecteurs et qui ne prend pas la peine de répondre ou qui répond à côté, c’est plutôt incorrect.

« Alors, j’entends bien que, toi, auteur, tu as beaucoup de messages à traiter. J’entends bien aussi que tu n’es pas là pour faire du social. Je ne te demande pas de me raconter ta vie, ni d’écouter la mienne. Je te demande de ne pas être indifférent. Je te demande de me prêter attention le temps d’un mail. Je ne demande ni ton amour, ni ton amitié. N’oublie pas que j’ai acheté ton livre, que je l’ai lu, que j’ai pris le temps de te contacter, que j’ai pesé chacun de mes mots avant d’envoyer mon message. N’oublie pas, même si tu ne vis pas de la vente de tes livres, que je suis une main qui pourrait te nourrir. Je ne te demande pas d’être hypocrite, je te demande de me considérer. Je suis plus qu’un mail que tu reçois, je suis un être humain, comme toi. »

Comment percevez-vous ce message, dès lors qu’il vous accroche avec ce « tu » ? Je trouve la formulation plus percutante qu’avec un vous. De même, je me sens moins agressive avec le temps pourtant sur le moment, être déconsidérée, c’est douloureux. Si vous trouvez que j’exagère, je vous dirai que vous n’êtes pas moi.

Depuis lors, je suis sur mes gardes. Je prends le temps avant de me décider à contacter un auteur. Je ne me livre plus trop. Je reste en arrière. Cette année, j’ai même plus ou moins décidé de ne contacter personne. Je choisis de me préserver et d’accepter que chacun voit les choses différemment. Ma perception du phénomène n’est pas la vôtre. Prenez juste un instant pour concevoir l’autre, juste une minute, tout de même. Les problèmes de communication sont à l’origine de trop nombreuses disputes, de trop nombreux désaccords parce que nous ne prenons pas le temps de considérer et d’entendre l’autre. Je m’inclus dans le concept parce que j’ai fait trop souvent l’erreur de croire que ma façon de penser était celle à privilégier. Pourtant, il suffirait de mêler deux points de vue pour en tirer un troisième et plus encore.

Même si je n’oublie pas la relation privilégiée auteur-lecteur que j’ai avec une autrice, qui se reconnaîtra, j’ai acquis la certitude qu’elle est l’une des rares à la pratiquer, peut-être même qu’elle ne peut pas le faire avec tous. Mais elle me rassure. Cette attitude me fait comprendre que le monde n’est pas mort.

Il y a plusieurs mois déjà que je ne me formalise plus d’être ignorée parce que j’ai aussi la conviction de ne pas être la seule. Techniquement, je ne suis pas le problème. N’en tirez pas la conclusion que les auteurs le sont, ce n’est pas non plus ce que je dis. Il y a un souci de perception, de réception et de communication qui ne peut pas se régler si l’on ne dit rien.

Ce « vous » n’est pas méprisant. Il est ma bouée de sauvetage parce que je prends les choses trop à cœur.

Je tiens à préciser qu’il existe des auteurs qui sont sympathiques et prennent le temps parmi ceux que j’ai contacté. Donc, je ne vise personne. Je constate ce qui a pu m’arriver.

arms bonding closeness daylight

Je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles.

Qu’il est dommage de ne pas user de la langue française, de ses complexités, de ses richesses. De se plaindre de sa déchéance et d’en être un acteur actif en parallèle.

J’ai vu des amis râler, se plaindre des fautes depuis l’arrivée du SMS. Mais ce sont aussi les mêmes qui vont me dire que je fais suer de relever une erreur sur un polycopié donné par la maîtresse de mon fils, que la maîtresse n’a pas que ça à faire de retoucher une erreur ridicule sur une vingtaine de pages. Qui viendraient aussi me traiter d’hypocrite parce que je ne suis pas irréprochable en orthographe, conjugaison et grammaire. J’en ai conscience. J’accepte que l’on vienne me dire que j’ai mal écrit. J’accepte le fait d’être imparfaite. J’accepte que vous soyez imparfaits aussi. La maîtresse de mon fils a le droit de faire une erreur dans une consigne d’une phrase pour des maternelles. Elle a le droit.

J’entends bien – encore – qu’elle a assez de travail comme ça. Même si ça me paraît dingue qu’on finisse par excuser tout le monde pour des raisons X ou Y tout en critiquant le fonctionnement de la société ces dernières années. Nous laissons passer des choses qui nous gênent parce qu’elles ne font, théoriquement, de mal à personne.

Rapport avec le vouvoiement ? En apparence aucun, pourtant, c’est lié. Ce qui était une marque de respect est devenu un truc ennuyeux et prise de tête. La langue française et son « vous » sont dépassés.

Et vous ? Pensez-vous que je suis vieux jeu ? Comment appréhendez-vous les autres sur les réseaux sociaux, les forums, les blogs ? Votre réponse m’intéresse. Aidez-moi à voir le monde autrement. Merci.

Petite précision après avoir reçu quelques commentaires : je n’ai rien contre le fait d’être tutoyée. En revanche, je n’aime pas qu’on insiste pour que je tutoie en retour si je n’en ressens pas le besoin. Ce que vous pouvez aisément comprendre après la lecture de cet article. Surtout dans le cas où je sens que mon interlocuteur n’a pas envie d’échanger, qu’il reste distant tout en usant du tutoiement. On ne parle pas de nouer des amitiés simplement de dialoguer sur le sujet de base : un livre, un film, etc…

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28 commentaires sur “Tutoyer ou vouvoyer sur Internet ?

  1. C’est un sujet intéressant, qui m’amène à réfléchir sur mes propres pratiques.
    Dans la vraie vie, je tutoie les gens assez rapidement. Sans me poser la question : il y a un moment où ça devient naturel, c’est tout.
    Sur internet… J’ai du mal avec l’outil (internet) en général. Je me sens déjà à distance des gens (sans les voir, sans deviner leur ressenti sur les traits de leur visage, …), et le fait que je ne sois pas fan de technologie augmente encore la distance. Du coup, j’ai l’impression qu’en vouvoyant, je rajouterai une couche de plus. En tant qu’auteur, dans mes relations avec des chroniqueurs, j’ai essayé le vouvoiement. Je n’arrive jamais au bout du message, tant je ne me sens pas impliqué dans ce que j’écris. Et donc, le tutoiement s’impose à moi, pour que je puisse ressentir l’impression d’échanger avec un humain. Même si j’ai conscience que ça peut choquer certains interlocuteurs : pour moi, c’est ça, ou je referme l’ordi parce que le vouvoiement m’en repousse. ça donne des conversations « bizarres » dans lesquelles je tutoie et l’autre me répond en vouvoyant (ce qui me va très bien : du moment qu’il y a échange, et que cet échange est naturel et pas forcé). Mais j’essaie de limiter les échanges virtuels au strict minimum. Soit il n’y a plus rien à dire, et je coupe court. Soit il y a matière à poursuivre, et j’essaie de trouver un moyen de voir les gens en vrai, tant la communication à distance me met mal à l’aise et tant je crains que mon message n’y soit pas interprété comme je pense.

    Aimé par 3 personnes

  2. Ah oui, effectivement, c’est un sujet complexe. 🙂
    Moi je vouvoie systématiquement ceux que je ne « connais » pas mais dès que le contact (de visu ou sur le net) s’est établi, je tutoie.
    Je pense que, même si je suis parfois blessée par certaines personnes (et ça m’est arrivé récemment), je suis suffisamment « solide » de l’intérieur pour que ça ne m’atteigne pas tant que ça. Alors courage, trouve ton centre intérieur…
    Et essaie la méditation, non d’un Schtroumpf ! :p

    PS : ♥

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai téléchargé l’appli dont tu m’avais parlé la dernière fois. Ce matin 🙂
      Je l’essaie sous peu pendant que mon fils dort (ce qui n’arrive quasiment plus en journée donc je profite).
      C’est là, la nuance, disons que tu testes la personne avant de donner du « tu ». Tu peux aussi voir si ça va bien se passer, amener quelque chose ou non.
      Je crois aussi que j’ai fortement besoin de me trouver parce que je me laisse atteindre par tout et n’importe quoi, ça me mine terriblement.
      Cette fois, je mets en place un plan d’action et je le teste pendant une semaine avant de me dire que ça sert à rien, que c’est nul, que ça va pas m’aider. De me trouver des excuses, quoi. 🙂

      Merci ❤

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  3. Ton message reflète des nuances que je n’ai pas évoqué dans mon article : notre rapport à l’internet joue en grande partie sur la façon dont on va appréhender les contacts dessus.
    Je te tutoie parce que tu es un blogueur avant que je ne comprenne que tu étais plutôt un auteur. Mais je t’ai peut-être vouvoyé dans certains messages, je ne me souviens plus.
    Tu as visiblement une vie « réelle » qui te permet d’user d’Internet comme d’un outil pratique, plus que pour profiter de son existence comme d’un outil de communication.
    Il y a des utilisateurs qui n’ont que la toile pour satisfaire leurs besoins de communication et de sociabilité. De fait, Internet fait partie intégrante de leur vie. Je ne sais pas si tu me suis mais je prends le risque. Dans ma vraie vie, j’ai ma famille, une amie d’enfance et… surprise, ça s’arrête là. Je n’ai pas su conserver des amitiés de lycée ou je n’ai pas voulu mais je suis quasiment seule dans mon quotidien. Si j’aime ma famille et ma belle-famille, il y a parfois un moment où j’ai besoin d’autre chose. Voilà comment mon blog est né. Parce que je n’étais pas satisfaite de ce que j’obtenais par le biais de Facebook, j’ai eu besoin d’élargir. Je le dis, je ne cherche pas des amis, plutôt des interlocuteurs intéressés. Le tout peut toujours évoluer mais ce n’est pas mon objectif.
    Ne pas voir son interlocuteur provoque toujours ce que tu dis dans ton message : le ton d’un message ne ressort pas aussi bien que s’il était dit en face. C’est aussi pour cela que j’ai calmé mes ardeurs face à certains usagers. Peut-être que j’ai pu mal interpréter donc dans le doute, je peux laisser couler des tas de choses.
    Pour en revenir à ton point de vue, je le comprends. Je n’ai aucun problème à être tutoyée, par contre, je n’aime pas qu’on m’oblige à y avoir recours pour faire plaisir à la personne qui m’écrit. Surtout pour échanger deux messages d’une banalité affreuse. 😉 Parce que pour ma part, je n’ai pas souvent vu des échanges démarrer. Il y en a même qui vont jusqu’à ne pas répondre ou laisser la discussion en plan sans même avoir recours au minimum de politesse.
    Tu dis préférer rencontrer la personne en vrai, et c’est bien. Mais imaginons que demain, tu deviennes plus « connu », que tes livres se vendent comme des petits pains (je te le souhaite), que tu sois reconnu dans la rue, tu ne pourrais plus communiquer avec tes lecteurs de la même manière. Peut-être même que tu ne pourrais pas le faire en ligne si tu recevais trop de messages et que le seul moment serait des séances de dédicaces ou des salons sur lesquels il n’est pas toujours gagné d’avoir une conversation. Internet peut être un formidable outil de communication dans ce cas aussi. Humainement, il est impossible de satisfaire tout le monde. J’essaie de considérer mon interlocuteur comme étant différent de moi et j’aimerai aussi parfois qu’il prenne le temps de le faire. Et ce n’est pas en tutoyant et en instaurant cette familiarité que ça se fait.
    Je me suis égarée là. Mais merci d’avoir partagé ton opinion avec moi. Cela me permet de reconsidérer certaines choses.

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      1. (je viens de voir le message ici, pas la peine de t’embêter à répondre ailleurs 😉 )
        C’est vrai qu’internet change radicalement nos façons de communiquer (et de rencontrer), et que selon les expériences de chacun, on n’en attend pas la même chose (donc on ne s’y exprime pas de la même manière). Dans tous les cas, c’est difficile de savoir ce à quoi l’autre s’attend, et c’est très « facile » de blesser sans s’en rendre compte (en tutoyant trop vite, en stoppant la discussion sans prévenir, …), surtout avec la quantité de sollicitations qu’on peut avoir dès que l’ordi est ouvert (j’ai souvent tendance à me dire « oui, je répondrai à ça juste après », puis je passe à autre chose, et j’oublie, et quand j’y repense, je me dis que c’est trop tard pour répondre…).
        Pour l’instant, je suis loin d’être connu, donc la question que tu soulèves ne se pose pas encore. mais si je le devenais, j’appréhende le fait de devoir échanger avec beaucoup de lecteurs par internet, et je sais que je ferai tout mon possible pour privilégier les salons. Parce que sur internet, je ne serai jamais capable de maintenir un échange en profondeur et sur la durée, peu importe la forme (tu ou vous, blog ou mail, facebook ou autres).
        En tous cas, ce post soulève vraiment un débat intéressant, et oblige à repenser nos manières de communiquer en ligne… Merci !

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      2. Merci à toi pour ton passage et ton point de vue.
        J’avoue que je suis la première à ne pas répondre et à remettre à plus tard. J’ai d’ailleurs une demande de partenariat en attente mais je voulais y réfléchir avant de donner une réponse que je pourrai regretter.
        Je ne crois pas qu’il soit trop tard pour répondre sur Internet. Un auteur, une fois, une seule, participait à un salon lorsque je l’ai contacté. J’ai attendu trois semaines qu’il me réponde parce que j’ai pensé qu’avec le salon, il n’avait pas le temps. Mais rien… donc je l’ai relancé pour obtenir un message avec des excuses et un simple merci… Je comprends qu’on soit occupé par nos vies respectives. Et c’est normal. Depuis, je l’ai dit, j’ai quand même revu mes attentes même si j’essaie d’être positive.
        Si un jour tu te retrouves dépassé, j’espère que tu parviendras à gérer ce que tu penses être prioritaire concernant ta vie d’auteur sans négliger ta sphère privée.

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      3. je note le « je ne pense pas qu’il soit trop tard », je le garderai en tête quand j’hésiterai à répondre à un message pour cette raison 🙂
        Si un jour je me retrouve dépassé, ma sphère privée sera prioritaire, puis ce sera l’écriture. La communication n’étant ni mon fort, ni mon plus grand plaisir, elle a beau être nécessaire, elle passera certainement après le reste (malheureusement pour ceux qui attendent des réponses de ma part). Je reconnais que comme j’ai généralement peu d’attentes envers les gens, je me dis qu’ils n’en ont pas spécialement envers moi, et qu’ils ne le prendront pas mal. Je suis désolé pour ceux dont ce n’est pas le cas, mais comme j’ai déjà du mal à gérer mon propre équilibre, je ne me sens pas capable de gérer en plus cette partie du leur…

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      4. Du moment que tu ne te positionnes pas comme un auteur pro du relationnel, adorant les retours et les échanges, ton attitude ne sera pas mise en cause.
        Et je comprends ce que tu dis, se gérer soi-même est déjà quelque chose, alors les autres…
        Ceci dit, tu verras avec l’expérience comment tu approcheras ton lectorat. 🙂

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  4. Tu connais mon point de vue sur ça, mais je vais le détailler ici. Dans la vie de tous les jours, je vouvoie ceux que je ne connais pas. La plupart du temps, ce sont les gens qui me disent de les tutoyer. Même les parents de ma meilleure amie, je les vouvoie, alors qu’il n’en est pas de même pour elle. Pourquoi ? Car je ne me sens pas à l’aise dans l’idée de tutoyer un adulte, même proche de moi. Et ça, même les copains/maris/femmes de certains membres de ma famille. Si je m’entends vraiment bien avec la personne et que la discussion se prolonge, ma langue fourchera peut-être sur le tutoiement, ce qui est un signe que je suis « à l’aise ».
    Sur le net, je tutoie sur le blog. Sur twitter aussi. Sauf si je m’adresse aux éditeurs et aux auteurs. Je ne me suis pas posé de questions, c’est venu d’instinct. En effet, avec le recul, quand j’apprends l’âge de certains bloggeurs que je suis et vice versa, je me rends compte que je suis souvent la plus jeune et que peut-être, ils ne s’attendaient pas à se faire tutoyer…même si dans le fil de leur commentaire, il n’y a que du tutoiement.
    Je n’ai pas forcément une volonté d’être plus proche d’eux. Il m’était juste apparu bizarre de vouvoyez alors que l’on discute de livres (je n’y ai pas plus réfléchi, ça ne m’était jamais venue en tête). Personnellement (et tu le sais mdr), je suis une pipelette. Quand je pose une question, j’attends une vraie réponse. J’ai un réel intérêt pour ladite réponse. Quand je poste un commentaire, je fais de mon mieux pour que la personne voit et comprenne que j’ai LU son contenu, que je ne suis pas un passant likant et disparaissant qui ne veut pas discuter et dont le but est obscur. Evidemment, je n’ai pas TOUT le temps, quelque chose à dire. Ou parfois c’est un manque de temps la cause. Mais en créant mon blog, comme je l’ai déjà répété à plusieurs reprises, c’est pour échanger avec autrui. Découvrir des trucs sur lesquels je ne me serai pas forcément arrêté en librairie. Mais bon, il y a un aspect de lassitude/blasé dans la blogsphère parfois, qui me donne la sensation (et me fait être moins bavarde) que les gens ne veulent pas vraiment discuter, juste que tu lises leur avis sur telle oeuvre, sans en avoir quelque chose à faire pour ton contenu…Mais ça, c’est un autre débat.
    Donc puisque les livres donnent un aspect « friendly », tutoyer est plus simple pour moi. Mais si l’un des bloggeurs avec qui j’échange préfère que je le vouvoie, qu’il me le dise, ça ne me dérangera pas. Je n’ai pas encore été « blessé » sur le net par le manque de considération de personnes. En plus, à part sur le blog et 2-3 personnes sur Twitter, je ne parle pas à grand monde. Ce qui réduit le problème pour moi. Si le vouvoiement te permet de te protéger, utilise-le 😉 Je peux reblog ton article xD ?

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    1. Tu peux rebloguer. Pas de problème. Merci 😉
      Effectivement, ton point de vue se tient. Je crois que j’ai un gros problème d’attente vis à vis des autres. Mais comme tu le dis si bien, ça semble se perdre quelque part entre « je suis blasé » et « j’ai pas envie » enfin ce genre de choses.
      Ma mère me dit souvent qu’à mon âge, c’est stupide de vouvoyer certaines personnes, qu’une fois adulte, ça ne fonctionne pas comme ça. J’ai eu envie de lui demander si elle ne pense pas que son éducation était inutile dans ce sens si une fois passé le cap des 18 ans, c’est bon, on fait ce qu’on veut.
      C’est un peu ce que je disais à Tocca : la toile est une extension de ma vraie vie. Mes comportements dessus reflètent globalement ceux que j’adopte IRL.
      Je n’ai pas ( et je le refuse sûrement inconsciemment) le recul nécessaire pour compartimenter les deux.
      De plus, tu le dis que, IRL, tu as besoin de te sentir à l’aise pour user du tutoiement. C’est révélateur pour au moins ce que je ressens quand un interlocuteur me met la pression pour le tutoyer qu’il soit auteur ou pas.
      Pour revenir sur l’âge, je ne crois pas que ce soit un critère qui compte dans ce cas précis, je pense que c’est lié à l’utilisateur. D’ailleurs, je n’ai aucun mal à tutoyer en ligne, si je me donne les moyens, mais si je te rencontrai en vrai, même si tu es plus jeune que moi, il est possible que ce « tu » ne sortes pas (bon, on a quand même beaucoup discuté en privé donc je ne pense pas que ça arriverait).
      Tu dis aussi être pipelette même si ça reste sur les « livres », c’est une nuance que je n’ai pas non plus intégré. Je ne cherche pas nécessairement des « amis » mais des gens bavards sur les livres. Or, j’ai la sensation parfois d’ennuyer alors qu’il peut m’arriver de faire des messages clairs et qui invitent à l’échange (pas comme ces fameuses réponses bateau dont nous avons déjà parlé). C’est là que tu peux te rendre compte qu’un vous ou un tu pourrait faire la différence même si ce n’est peut-être clair que dans ma tête.
      Évidemment, tu le sais aussi, tu es l’exemple parfait de ce que je cherche sur ce blog. Tu es présentes, tu réagis si tu as un truc à dire, tu lis. Bref. Le tutoiement va de soi compte tenu de nos échanges réguliers. D’ailleurs, je vais répondre à ton mail, dès que je peux. 🙂

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  5. Très bel article et discussions qui s’en suivent 🙂
    la question du tutoiement sur internet est en effet intéressante, c’est vrai que se tutoyer entre blogueurs semble aller de soi. Je ne me suis jamais posé la question. Si on me vouvoie j’en fais autant, sinon je tutoie ça ne me heurte pas plus que ça. En revanche dans la vraie vie, entre personnes du même âge, cela « va de soi » de se tutoyer aussi, en revanche avec des personnes plus âgées ou perçues comme tel c’est vouvoiement. Lorsque je vouvoie sciemment une personne jeune ou sensiblement de mon âge, c’est pour instaurer une distance car je perçois que dans la situation le tutoiement peut signifier familiarité manquant de respect, et généralement ça recadre les choses.
    (Avec un dragueur un peu lourd par exemple)
    la toile à ceci de particulier qu’elle lisse un peu les rapports. L’anonymat aidant on ne sait plus à qui l’on a affaire. C’est quand même plus simple avec le « you » des anglophones non?

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    1. Merci pour ton message.
      J’ai pensé au You des Anglophones en mettant la dernière partie sur la « richesse » et « complexité » de la langue française. Même s’il y a des nuances en Anglais pour parler de manière familière ou soutenue, c’est you et c’est tout.
      Ça aide dans la vraie vie, un « vous » bien placé, je pensais que sur Internet aussi. Je m’aperçois que chacun de nous avons un rapport différent avec cette technologie. Et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. 🙂

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      1. Je n’ai pas de problème avec le fait d’être tutoyée. D’ailleurs, je crois qu’il me faudrait le glisser dans l’article. Ce qui me dérange, c’est qu’on insiste pour que je tutoie si je ne le souhaite pas, pour en grande partie les raisons évoquées dans mon article. Merci en tout cas. 🙂
        Être confortable, oui. Mais dans mon confort, je n’ai plus aucune limite. Le vous est un moyen de me filtrer surtout si je sais que l’interlocuteur n’a pas la même conception que moi. C’est un peu comme la célèbre phrase : « on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ».

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      2. Je vois ce que tu veux dire (désolée c’est spontané pour le coup). Comment tu perçois le fait que quelqu’un insiste pour que tu le tutoies du coup? Après tout on pourrait imaginer une conversation où l’un toutoie et l’autre vouvoie même si ça parait un peu loufoque 🙂

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      3. Ça va sûrement dépendre de l’interlocuteur en fait. Mais je persiste à vouvoyer alors qu’on me donne du « tu ». Donc ça peut donner des discussions bizarres, oui. Sauf que… Je ne sais pas si je vais arriver à illustrer comment je le vis mais voici un exemple :
        Moi : Bonjour, j’ai fait un retour sur votre dernier roman dont voici le lien … Je ne l’ai pas mis dans mon article mais j’ai adoré le passage où blablabla.
        Auteur Y : merci pour ton enthousiasme. Ça fait plaisir d’avoir de tel retour.
        Moi : Merci à vous pour cette histoire. Bonne continuation.
        Rupture totale de la possibilité de discuter. Je n’insiste pas. Si je rentre à nouveau en contact, il y a ceux qui ne me tutoient plus et ceux qui me demandent de les tutoyer tout en rompant toute possibilité de dialogue. Ce qui fait que je ne comprends pas l’insistance dans la mesure où les échanges sont limités à des banalités. Aujourd’hui, je n’essaie même plus d’ajouter quoi que ce soit à ce que j’ai pu écrire dans un avis sur un livre parce qu’il est très rare de trouver un auteur qui prend le temps. Et je persiste à le dire : je comprends. Mais à ce moment là, qu’ils ne précisent pas aimer échanger avec leurs lecteurs. Peut-être que je n’avais rien dit d’intéressant pour eux, c’est une possibilité.
        Donc, globalement, je perçois cette insistance comme une mauvaise chose et je me mets à voir le mal partout en devenant totalement critique, en imaginant que ce tu est un argument pour que je revienne lire le livre suivant, une manière de m’acheter.
        Désolée pour cette longue réponse qui n’est pas rationnelle en prime. Je ne parviens pas à te décrire ça correctement.
        La dernière autrice qui m’a tutoyé m’a demandé mon avis. Mais nous venions d’échanger une dizaine de messages qui n’étaient pas personnels mais qui portait sur son roman, tout ça. C’était différent de ce que j’ai pu avoir avec d’autres.

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      4. C’est vrai que c’est frustrant lorsqu’on entre en contact avec une personne, à plus forte raison un auteur dont on a lu l’ouvrage, pour échanger et qu’on est confronté soit au silence soit à des réponses standardisées. A croire qu’ils paient des gens pour répondre d’où le résultat désincarné.

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      5. Il y a des chance que ceux que j’ai contacté ne puissent s’offrir le luxe de placer quelqu’un pour répondre à leur place mais l’idée est là.
        Je prends la chose avec plus de philosophie si la personne n’a pas prétendu être intéressée par un dialogue. Mais comme je suis à fond dans les romans, ça prend des proportions énormes pour moi. Je ne leur en veux pas particulièrement, c’est juste que ce « tu » me semble malhabile si tu n’as ni le temps, ni l’envie de répondre dans ce cas bien précis. Mais j’imagine que ça peut être aussi le cas dans d’autres domaines sur la toile. D’où mon article. Vos réponses vont m’aider à relativiser et peut-être à être un peu moins attachée à ces détails. Merci d’être passée. 🙂

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  6. C’est un article très intéressant ! Pour ma part, ici, avec le blog et quand j’échange dans les commentaires, j’ai tendance à tutoyer les autres de manière spontanée. Car je suis plus à l’aise, étant donné que souvent, nous avons des goûts similaires, nous avons presque le même âge ou alors je croise des personnes plus jeunes, et comme c’est un peu un lieu de « détente » et de plaisir pour beaucoup, c’est peut-être plus engageant. Jusque là, je n’ai pas eu de problème, mais il est vrai qu’on devrait aussi se demander si notre interlocuteur est d’accord avec ça, ou s’il souhaite en faire de même sans le forcer.
    Mais ce que je fais ici, je n’arrive pas forcément à le reproduire dans la vie « réelle » ! Je suis un peu comme toi, j’ai du mal à tutoyer des personnes qui, parfois, émettent le souhait que je le fasse (comme mes beaux-parents, par exemple, les collègues de mon conjoint, etc.). Peut-être est-ce par timidité, ou par volonté inconsciente de mettre des « barrières ». Mais c’est assez complexe, car il m’est arrivé de tutoyer des personnes que je ne connaissais pas si bien que ça, simplement parce qu’elles m’étaient très sympathiques et avenantes (bien sûr, je rectifiais le tir, et parfois, on me disait « Oh mais pas de problème, on peut se tutoyer! »).
    Et bien entendu, lorsque je vouvoies certaines personnes, et que j’ai un tutoiement « injustifié » en retour, je me sens parfois … mal. Pourtant, ce n’est pas si grave, mais dans certaines relations, le vouvoiement peut refléter une forme de respect et une distance que l’on veut garder.

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    1. En effet, sur Internet, on a tendance à avoir plus de facilité à échanger sans barrière.
      Et je comprends ton attitude IRL.
      Je crois que ce que je voulais surtout faire passer, c’est le fait de considérer l’interlocuteur comme un individu qui est potentiellement différent de nous. 🙂
      Merci pour ton passage.

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