Avis

La loi du silence de Nicolas Bouvier

Couverture et résumé :


2020. Lycée Albert-Camus. A 30 ans, Jérôme Marchand devient le nouveau professeur de français des élèves de terminale littéraire et de seconde. Mais le système scolaire a bien changé. Alors que le baccalauréat se prépare, les programmes scolaires changent brusquement, obligeant Jérôme à revenir aux fondamentaux et à marginaliser sa manière d’enseigner. Alors que Jonathan Perrot, son ennemi d’hier qui avait pourtant fait la paix avec lui, revient pour régler ses comptes, il devra faire face aux violences subies par sa fille à l’école primaire, tout en prenant garde d’être vigilant à celles qu’il subit au lycée, avec ses élèves. Confronté et impuissant face à tout le système scolaire. Jérôme arrivera-t-il à faire carrière dans l’enseignement et à se faire entendre par les institutions.
Nicolas Bouvier est un écrivain engagé contre le harcèlement scolaire. Ancienne victime au collège, il intervient aujourd’hui en tant que membre d’honneur de l’association « Les Parents » dans les établissements scolaires et sous forme de conférences caritatives auprès du grand public. Sa carrière a commencé en 2011 avec la publication de « Sentiments Partagés », puis de « Scrupules » (2012), « Renaissance » (2013), un récit de vie intitulé « Une famille en danger », puis  » Souviens-toi  » qui a obtenu le Prix Emeraude « Livres en Quercy » en 2015. « La loi du silence » est son sixième livre.

Éditeur : Sudarènes Éditions
Papier : 20€
Numérique : 9€99
Pages : 167
Sortie : 25/05/2016

Mon avis :

Trois ans pour voir l’auteur et lui acheter le livre en personne. Trois années ou presque, autant vous le dire tout de suite, j’avais de vraies attentes concernant ce roman. J’avais écrit plusieurs lignes « pompeuses ». Au risque de vous détourner du roman par mes égarements, j’ai préféré tout effacer et repartir sur de bonnes bases. Mais, en passant, Nicolas Bouvier est un auteur sympathique, bavard sur les sujets qui lui tiennent à cœur et qui admet écrire avec ses tripes. Si vous avez l’opportunité de le rencontrer, foncez !

Dans La loi du silence, nous suivons Jérôme Marchand, un jeune professeur de Français, qui ne rêve que de pouvoir transmettre son savoir et sa volonté d’apprendre. Pourtant, il va se heurter à un problème de taille. Ce qui était applicable à l’école il y a encore dix ans ne se fait plus. Il faut « vivre avec son temps », une expression utilisée par beaucoup mais qui, comme le narrateur, me fait franchement grimacer. Ceci dit, je ne suis pas aussi tranchée que lui sur tout ce qui fait notre société actuelle mais j’en aurai beaucoup à dire.

« La jeunesse n’est pas en reste en matière d’écriture. J’ai été l’un de ces jeunes à sortir de l’inconnu pour m’exprimer, mais combien sont-ils à attendre leur tour derrière moi ? Eux aussi ont beaucoup de choses à écrire, à déclarer, à crier, à revendiquer et, non seulement leur vie a une importance cruciale dans le monde d’aujourd’hui, mais leur vision de la vie est également révélatrice d’une société qui s’effondre et qui se meurt jour après jour, d’où cette conséquence : pour faire réagir, il faut choquer. »

Jérôme va donc affronter des élèves et des parents pour qui le mot « respect » n’existe pas. Il va se heurter à sa hiérarchie qui refuse de se battre face à ce gouvernement qui semble annihiler les compétences et les capacités de ceux qui feront la société de demain. Quel est le but de cela ? Ces réformes servent les intérêts de qui ? Vous n’aurez pas les réponses mais vous pouvez toujours creuser le problème si cela ne vous a jamais effleuré.

Notre narrateur va voir, va subir un harcèlement que je qualifie de classique aujourd’hui. C’est là tout le problème. Comment de telles choses peuvent-elles devenir banales, ancrées dans les quotidiens de la plupart des gens ? Il ne s’agit pas d’un problème seulement lié à l’école. Je le vois avec mon entourage qui vit aussi des évènements inqualifiables et qui pourtant se soumet au système : plus de travail, pas d’argent pour vivre. Mais bon, il paraît qu’il suffit de traverser la rue pour en trouver…

En parallèle de ses débuts dans l’enseignement, Jérôme va aussi être confronté à un ennemi du passé qui vient lui chercher des noises. Alors là, j’avoue, si l’idée est sympathique, j’aurai préféré que cela soit traité plus en détails. Tout le livre aurait mérité plus d’approfondissement. J’ai beaucoup aimé l’histoire, l’anticipation (qui n’en est pas tout à fait une si je devais comparer mes années « lycée » à celles de ma cousine – douze ans nous séparent – elle a bénéficié d’un ordinateur portable offert par la région, donc les devoirs par mail, elle connaît). J’ai apprécié les critiques que l’on peut y trouver, la nécessité de faire quelque chose, d’essayer d’atteindre un maximum.

De même, Jérôme va aussi comprendre que sa fille subit des choses désagréables à l’école où le système ne fait rien et n’admet pas que cela puisse exister. Ceci est aussi une chose que je ne comprends pas. On veut nous faire croire qu’on améliore les conditions alors que c’est tout l’inverse qui se produit dans la plupart des domaines.

Jérôme évoque aussi sa passion pour l’écriture, qui ne connaît que peu de succès, à l’heure où les médias choisissent de diffuser largement certains auteurs plus porteurs que d’autres. Les autres n’en sont pas moins des passeurs de mémoire, de savoir… mais il semblerait que cela ne profite qu’à ceux qui n’ont pas toujours des choses essentielles à dire. Je participe largement au phénomène, me laissant porter et bercer par ce qui me plaît le plus : la romance souvent décriée. Je n’ai aucune honte à l’admettre. De plus, même sans me justifier, je peux vous affirmer que c’est un choix logique, non pas de porter des œillères mais plutôt de réenchanter mon monde (merci Nathalie Bagadey de mettre des mots là où je n’en avais plus) par ce biais puisque le monde par à la dérive et que je suis impuissante face à cela.

En conclusion, je pense que ce roman est à lire même si je l’aurai souhaité plus long, plus détaillé. C’est bien écrit, entraînant et riche en informations, enfin, vous le prenez comme vous voulez. L’auteur n’oublie pas non plus de parler « chiffres », lui qui s’engage contre le harcèlement scolaire.

Je pense que je devrai lire les précédents textes de l’auteur pour apprécier pleinement celui-ci. En attendant, je me lance dans le dernier paru Diviser pour mieux régner.

Ma note : 17/20.

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5 commentaires sur “La loi du silence de Nicolas Bouvier

  1. Mdrrr « il paraît qu’il suffit de traverser la rue pour en trouver » 😂😂 excellente pique. Tu tires à balle réelle.
    Pour revenir au livre, il aborde de thèmes intéressants surtout sur le système de diffusion d’écrits, j’ai bien aimé le passage que tu as mis aussi. 😊

    Aimé par 1 personne

    1. 😂 – Je déteste la politique parce que je n’y comprends rien. Mais ce truc de traverser la rue, je l’ai vu tellement tourner sur les réseaux 😅
      Alors, si tu osais te lancer, je te conseillerai de commencer par celui dont je parlerai demain. Quant à moi, je vais soit attendre de revoir l’auteur en dédicace soit aller sur un site de vente en ligne pour me procurer les trois autres livres qui mettent en scènes Jérôme Marchand. Je sens que je suis passée à côté d’un truc même si dans l’ensemble, j’ai aimé. Pour le passage cité, j’ai hésité parce que j’en ai relevé beaucoup qui étaient « à partager ».

      Aimé par 1 personne

      1. Après tu pouvais en mettre plusieurs mais celui que tu as mis montrait déjà les choses, mdrr oui cette phrase a tourné en boucle sur les réseaux je te crois 😂 ben du coup oui, j’ai lu ta chronique avant de voir le message, tu as préféré celui d’aujourd’hui mais les deux notes sont très bonnes ! L’aspect renversement aux ateliers de travail et la mine d’informations en chiffre et tout c’est sympa, ça « instruit » ☺️

        Aimé par 1 personne

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