Avis

La mélancolie du kangourou de Laure Manel

Couverture et résumé :

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Alors qu’il s’apprête à vivre le plus beau moment de sa vie avec la naissance de sa fille, Antoine est confronté au plus horrible des drames : la mort de sa femme durant l’accouchement. Anéanti par la perte de celle qu’il aimait plus que tout, Antoine a du mal à créer du lien avec son bébé jusqu’à ce qu’il embauche Rose, une pétillante jeune femme à l’irrépressible joie de vivre, pour s’occuper du nourrisson. Parviendra-t-elle à aider Antoine à se révéler comme père et à se reconstruire ?

Éditeur : Michel Lafon/Le Livre de Poche
Grand format : 18€95
Numérique : 5€99
Poche : 7€90
Pages : 384 (poche) – 349 (grand format)
Sortie : 03/05/2018 (La version poche sortira le 24/04/2019)

 

Mon avis :

J’ai eu une petite appréhension lorsque j’ai découvert ce titre dans la sélection du Prix des lecteurs U. (J’en profite pour remercier U Culture et Le livre de Poche pour leur envoi.) De l’appréhension parce que La délicatesse du homard m’avait laissé mitigée. Cependant, j’ai vraiment voulu mettre toutes les chances de mon côté pour apprécier ce roman et j’ai jeté par dessus bord tout ce qui pouvait me retenir.

Le sujet n’est pas innovant, un homme qui fait le deuil de sa femme, dont il ne reste plus qu’un minuscule bébé, on a sûrement tous déjà lu quelque chose qui s’en approche. Mais Laure Manel, avec de courts chapitres, offre un excellent rythme de lecture. Mieux encore, elle empêche le lecteur de sombrer comme Antoine, elle nous le décrit, le met en scène, juste assez pour qu’on voit mais trop peu pour qu’on se lamente. Le fait d’intégrer Rose, la baby-sitter, pleinement au récit, nous rend les choses plus douces sans pour autant minimiser le chagrin dont Antoine est victime. C’est l’équilibre parfait entre le larmoyant et la légèreté. D’ailleurs, le lecteur hésite à accorder beaucoup d’importance à Rose dans l’histoire d’Antoine et de Lou.

On a facilement le cœur qui se serre face à ce père dépassé.

« Pour l’instant, c’est juste une étrangère… Il n’est pas loin de penser qu’elle lui a pris ce qu’il avait de plus cher. »

Et si vous vous doutez de la route que le récit va prendre, vous pourriez vous leurrer. Du moins, Laure Manel a réussi à m’étonner, puis à me faire légèrement grimacer. Ceci dit, j’ai grandement salué le fait qu’elle n’ait pas choisi la facilité.

« Le moins de contact possible. Comme s’il avait peur de quelque chose. Comme si la petite était contagieuse. Mais à part de l’amour, que pourrait-elle lui transmettre ? »

J’ai apprécié la plume, la justesse du ton et des mots. Les tranches de vie évoquées sont plus que judicieuses pour garder l’équilibre dans ce roman. Le deuil, c’est l’aspect le plus important. Et les précieuses étapes qui en découlent. C’est la base, c’est ce qui fait qu’il y a une histoire à raconter. Et ce n’est pas rapide, ce n’est pas simple, c’est un combat contre le monde, un combat contre soi. Il est difficile, je crois, de parvenir à un juste milieu. D’une part, parce que c’est personnel, chacun gère un deuil à sa manière. D’autre part, il s’agit de livrer ce qui saura vous parler sans pour autant vous détourner du sujet, vous y faire entrer sans vous donner l’envie de claquer la porte. Et là, c’est réussi. (Pour moi, en tout cas.)

« Or depuis que le malheur est son quotidien, il sait que s’il voulait bien le lâcher un peu, ce serait peut-être déjà le début du bonheur… »

J’ai aimé Rose et ce qu’elle représente. Elle est une belle bille lumineuse. On adore la petite Lou parce qu’elle est l’innocence même au milieu du drame. Elle est celle qui a perdu quelqu’un sans même le comprendre. On apprécie Antoine , parce que c’est le héros, parce que ce n’est pas un homme parfait, parce qu’il parvient à montrer forces et faiblesses et à se redresser. On aimera beaucoup quelques personnages secondaires comme Simone ou encore Hermance, le couple Cédric/Mélanie et certains de la bande d’amis de Rose. On n’aimera moins d’autres protagonistes que je choisis de ne pas citer. Après tout, vous vous ferez votre propre opinion. Peu importe, ils ont tous un rôle clé dans ce livre.

Si vous cherchez un roman facile à lire, crédible dans ses hauts et dans ses bas, qui parlera du deuil, de la descente et de la remontée, d’un pas un avant pour deux en arrière, de prendre assez de recul pour encaisser et avancer, d’espoir aussi, alors foncez.

Ma note : 15/20.

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