Avis

Call me by your name de André Aciman et son adaptation au cinéma

Couverture et résumé :

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« Je ferme les yeux et je suis de nouveau en Italie, il y a tant d’années ; je marche vers l’allée bordée de pins, je le regarde descendre du taxi : ample chemise bleue, col ouvert sur la poitrine, chapeau de paille, toute cette peau nue… Soudain il me serre la main et me demande si mon père est là. »
1983. Pour Elio, c’est l’été de ses 17 ans. Ses parents hébergent Oliver, un jeune universitaire, dans leur villa en Italie. Entre les longs repas, les baignades et les après-midi sous la chaleur écrasante, commence une partie de cache-cache avec cet Américain brillant et séduisant. Un temps fait d’attente, d’espoirs, de doutes et de rejet. Avant que tous deux cèdent à ce sentiment plus grand qu’eux.

Call me by your name est un magnifique roman d’amour tout autant qu’une réflexion sur le désir et l’empreinte qu’il laisse en nous. La langue à la fois précise et sensuelle d’André Aciman parvient à évoquer l’intimité des corps – mais aussi la part de violence qui se niche dans tout éveil au sentiment amoureux – avec une élégance rare.

Editeur : Grasset / Le Livre de Poche
Grand Format : 20€90
Poche : 7€90
Numérique : 14€99
Pages : 336
Sortie : 07/02/2018

Mon avis :

Je rêvais de découvrir le film et le roman déjà l’année dernière mais une chose après l’autre, cela ne s’est fait que maintenant.

J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce roman. Il m’a fallu environ la moitié du livre pour apprécier ce que je lisais… Avant ça, c’était presque comme une série de mots qui ne voulait rien dire. Bon, c’est faux ! C’est sûrement très bien écrit mais il faut aimer les phrases à rallonge.

« Ou bien vous le remarquez, mais rien « n’accroche », et avant même que vous soyez conscient d’un présence, ou de quelque chose qui vous trouble, les six semaines qui vous étaient offertes sont presque écoulées et il est déjà parti ou sur le point de partir, et vous reconnaissez tant bien que mal ce qui a couvé en vous à votre insu pendant tout ce temps et qui présente tous les symptômes de ce que vous êtes contraint d’appeler un désir. »

Ceci fait, si vous avez compris que la sensation de lourdeur laisse place à autre chose, c’est qu’enfin, même si nous restons toujours dans les pensées de notre brave Elio, il commence à se passer certaines choses qui donnent un nouveau rythme au texte, une sorte d’urgence puisque le temps est compté.

Rien dans ce roman n’est réellement à jeter, je vous le dis tout de suite, si j’ai bien eu du mal à m’y adapter, il s’avère que le tout est très logique et aussi tortueux qu’un esprit adolescent, puisque notre narrateur a dix-sept ans. J’ai été tour à tour surprise, compatissante, terrifiée, dans l’espérance, moqueuse… et globalement, le bouquin fait le job et permet de me sortir de ma zone de confort. Parce que, non, ce n’est pas une romance au sens littéraire, c’est une histoire d’amour que j’hésite encore à qualifier de belle.

« J’éprouvais le bonheur incertain de ceux qui sont trop superstitieux pour prétendre qu’ils peuvent obtenir tout ce dont ils ont jamais rêvé, et sont bien trop reconnaissants pour ignorer que ce qu’ils possèdent pourrait aisément leur être pris. »

En n’ayant seulement le point de vue d’Elio, je me suis sentie assez mal pour lui durant bien des moments : ceux hésitants notamment. Que pense l’autre ? C’est notre lot à tous. Impossible de lire dans les pensées d’autrui. Je crois pouvoir vous dire que j’ai vécu avec lui, tous ces instants.

Mais ce trop d’introspection m’a filé le tournis. J’aurai bien aimé en savoir plus sur Oliver, qui reste un personnage clé de cette histoire.

Quant à la fin, je ne sais quoi dire. C’est sans voix que j’ai refermé le bouquin.

Le film :

Je vous en parle brièvement. C’est assez fidèle au roman même s’il y a quelques raccourcis dans l’adaptation. J’ai passé la première heure du film à m’ennuyer un peu et contrairement au livre, vous n’avez pas les pensées d’Elio. Il aurait été judicieux d’en placer quelques unes parce que quelqu’un qui n’a pas lu le texte pourrait se sentir perdu ou perplexe. Le jeu d’acteur ne me paraît pas suffisant pour indiquer précisément ce qui se joue.

J’ai conscience que c’est paradoxal ce que je dis de l’un à l’autre, un juste milieu aurait été satisfaisant pour les deux.

Heureusement, le film retranscrit quelques dialogues qui ne manquent pas de sens : le moment où Elio est avec son père, à la fin, c’est juste… wouah !

Par contre, je ne sais toujours pas comment qualifier la relation d’Oliver et Elio : il y a des petites choses qui m’ont paru insolites ou en tout cas, peu recevables dans le cadre d’une belle histoire d’amour. Mais c’est vraiment très personnel pour le coup. Il y a des moments forts et des instants superficiels. Je crois que c’est au ressenti de chacun de voir ce qui prime.

Ma note : 13/20.

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3 commentaires sur “Call me by your name de André Aciman et son adaptation au cinéma

    1. Ah oui… là, c’est dur ! Vraiment.
      Je suis mitigée à ce point là 😅. C’est dommage parce que ça a tout de la belle histoire. Mais Je ne pense pas que ce soit ton truc en effet. Je dirai que c’est trop « mou » quoi que les réflexions d’Elio peuvent être intéressantes. Sans ces trop longues phrases, ça aurait pu être encore mieux.

      Aimé par 1 personne

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