Avis

Secoué de Nila Kazar

Couverture et résumé :

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Ceci est le récit d’un procès d’assises. Je n’y démonte pas la mécanique judiciaire, mon but est tout différent : restituer la façon dont j’ai vécu ce procès, appréhendé ses acteurs et ses intervenants, jusqu’à l’énoncé du verdict et aux réactions qu’il a suscitées. J’essaierai de rester objective et factuelle, quitte à me répéter et malgré d’inévitables lacunes. C’est un exercice d’honnêteté et d’humilité, le travail d’un scribe au service du réel. Mais je ne m’interdis pas de donner mon interprétation personnelle et, parfois, j’évoque même des souvenirs intimes.
Qu’est-ce qui pousse un parent à bout de nerfs, sans intention de nuire, à maltraiter son enfant au point qu’il décède ?
Pourquoi un homme, qui n’a rien à se reprocher jusque-là, en vient à commettre l’irréparable ? L’histoire est complexe, et les apparences sont trompeuses dans ce qui se joue aux assises, cette scène où la société signifie à l’un de ses membres ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, ce qu’elle admet et ce qu’elle refuse. Avec toutes les conséquences que cela suppose pour celle ou celui qui a enfreint les limites.

Éditeur : ITIL éditions
Pages : 51
Numérique : 1€99
Sortie : 07/01/2019

Mon avis :

A travers un récit assez court, Nila Kazar nous ouvre les portes d’un procès pour infanticide. Trois jours durant, l’autrice nous propose un texte au plus proche de ce qu’elle a vu et entendu. Même si elle se permet de laisser ici et là, ses commentaires personnels, j’ai apprécié ce rendu réaliste.

Le fait que Nila Kazar soit proche de la tante de la victime aide à éclaircir certains points, quoi que cela puisse brosser un tableau loin d’être idyllique tout de même. Si la justice se contente de faits, liés à Quentin et à son père, il me paraît évident que tous les paramètres n’ont pas été pris en compte pour un jugement qui se voudrait équitable.

Nous savons tous que la justice est une notion relative qui dépend grandement des acteurs qui rendent les verdicts parfois bien plus que des faits eux-mêmes. C’est globalement ce qui m’a fait me détourner du droit, en dehors de la montagne de choses à apprendre avant d’exercer le métier d’avocat, par exemple. Mais c’est une autre histoire.

Nila Kazar n’omet rien d’essentiel de ces trois jours, pas même son dîner avec un des maîtres, qui m’aura fait grincer des dents par ses propos horribles. Elle n’oubliera pas non plus de nous confier les propos de la tante de Quentin qui jetteront, pour nous lecteurs, un éclairage nouveau sur ce qui a été évoqué tout au long du procès. Trois jours pour juger un homme qui a tué son fils, le condamner ou non. Trois jours pour remettre un homme qui reconnait les faits face à lui-même. Trois jours pour confronter toute une famille face à un drame terrible.

Mais je trouve quand même que l’avocat général l’épargne, sans tenir compte de l’éclairage fourni par les deux témoins précédents.

L’autrice ne nous épargne pas et jette des détails à faire pâlir, livrant un maximum de ce qu’elle a entendu. Cela nous permet une immersion complète. De l’intervention des unités chargées de la prise en charge de Quentin à son autopsie, nous avons toutes les données comme si nous avions été présents.

Ondine est révulsée par l’hypocrisie de sa mère, son double jeu au tribunal.

Pourquoi je vous conseille ce texte ? Principalement, parce qu’il s’agit de faits réels, ce qui rend la lecture plus poignante encore, surtout lorsque l’autrice nous apprend tout ce qu’elle a collecté auprès d’Ondine (la tante). D’ailleurs, j’ai apprécié que l’autrice nous livre son point de vue sur l’affaire bien que je n’adhère pas entièrement à ce qu’elle en dit. Ceci a lieu à la fin et ne gêne en rien tout le procès.

Il ne sait pas dire non et préfère faire comme si tout allait bien pour ne pas décevoir. Immature, il ne connaît pas ses propres limites.

Même s’il s’agit d’un récit, j’ai adoré la façon dont l’autrice nous partage cet évènement. La plume est fluide, elle garde un certain dynamisme. Personnellement, je l’ai lu d’une traite. Ce n’est pas très long, c’est le côté dommage parce que j’en aurai bien voulu plus.

Et je crois que cela vaut la peine de rechercher, au bout d’un chemin ténébreux et accidenté, la vive lumière du ciel et les cris de joie des enfants aimés…

Quant à la famille de la victime, elle m’est apparue comme peu commune. Je ne sais pas si c’est par naïveté que je le constate ou si c’est vraiment le cas. Ces gens-là ne sont pas des cas à part, mais ce qui en ressort fait peur. Gratter la surface peut faire apparaître des faits ahurissants.

Je vous le conseille sans limite si le sujet vous tente, bien que l’infanticide ne soit pas particulièrement le thème le plus agréable.

Ma note : 18/20.

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3 commentaires sur “Secoué de Nila Kazar

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