Avis

La délicatesse du homard de Laure Manel

Couverture et résumé :

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François, directeur d’un centre équestre en Bretagne, découvre, lors d’une promenade à cheval sur la plage, une jeune femme inconsciente au pied d’un rocher. Plutôt que d’appeler les secours, il décide sans trop savoir pourquoi de la ramener chez lui pour la soigner. À son réveil, l’inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à parler. Elle dit s’appeler Elsa mais refuse de répondre à ses questions. Commence alors entre le célibataire endurci et cette âme à vif une étrange cohabitation, où chacun se dévoile peu à peu à l’autre sans pour autant totalement révéler les secrets qui le rongent. Et même si le duo en s’apprivoisant s’apaise, leur carapace peine à se fendre…
Qui est Elsa et quelle vie est-elle en train de fuir ?

Editeur : Michel Lafon/Le Livre de Poche
Numérique : 2€99
Grand Format : 18€95
Poche : 7€70
Pages : 352
Sortie : 18/05/2017

 

Mon avis :

Mes nombreuses errances dans le monde de l’auto-édition m’ont permis de connaitre ce titre avant même qu’il ne soit publié dans une maison d’édition. Le hasard a fait que je ne l’ai pas lu plus tôt, le hasard ou plutôt des piles de livres à lire toujours plus grandes, et qu’il devient évident que c’est impossible de tout lire et de tout apprécier. Pourtant, je crois me souvenir que ce titre est bel et bien dans ma PAL numérique. C’est en toute confiance que j’ai plongé dans La délicatesse du homard, d’une part parce que je sais que certains l’ont aimé et d’autre part, parce qu’en lisant la présentation, il était question de chevaux. Si je ne suis pas particulièrement fan de l’animal, un membre de ma famille l’est et c’est avant tout pour cette personne que j’ai acheté le format poche. Et en bonus, la belle Bretagne, parce que oui, parfois, je ressens un vif besoin de m’aventurer en terre ancestrale et je regrette toujours de ne pas l’avoir fait réellement. C’est une destination programmée quand ce sera possible. Maintenant que je vous ai bien bassiné avec ma ‘tite vie, place à mon retour !

Pour avoir lu de trop nombreuses romances dont les thèmes s’approchent dangereusement de ce qui fait ce roman, j’ai été un brin déçue par ma lecture. S’il est question de fuite, de remise en question, d’abandon, de reconstruction, de drames, de petits bonheurs, je n’ai malheureusement pas trouvé l’élément qui rendrait cette histoire-là supérieure à mes précédentes lectures. Mais avant de continuer, je dois vous préciser que si ce détail à son importance pour moi-même, ce récit est tout de même parfait. Quelques points à éclaircir.

La narration se fait d’un personnage à l’autre, d’Elsa à François. Cela dynamise de le texte et leurs personnalités n’en sont que mieux définies de cette façon. La plume est fluide, parfaite dans ce qu’elle raconte, parfois légère, parfois profonde.

Juste respirer. Sans penser à demain. Vivre, là, c’est déjà vivre. Je ne demande pas plus.

Je me sens plongée dans un néant profond. Je ne suis rien… pour quiconque, et ce depuis toujours. Je ne compte pas. Je n’ai jamais compté, je n’étais pas assez, ou bien j’étais trop… mais jamais comme il aurait fallu. Jamais. Je suis au monde, mais je ne suis rien. J’existe, mais je ne vis rien.

Elsa est craintive. Elle refuse de parler d’elle et de son passé. Les premiers échanges, entre François et elle, montrent la folie que c’est de se trouver là, dans sa demeure à lui alors qu’ils ne se connaissent pas. C’est une lente reconstruction qui attend cette femme que la vie a malmenée. Cependant, ce parcours qui pourrait sembler atypique ne l’est pas autant que je l’aurai souhaité.

Elle devine que l’existence ne m’a pas tout le temps épargné, et ça nous fait un point commun. Mais qui est épargné ?

François est un personnage qui garde une certaine constance dans ses pensées et ses actes. Il est transparent même si elle en doute. Ils ne se connaissent pas. Ils apprennent ensemble à prendre ce que l’autre veut bien donner. Mais il arrive ce moment où ce n’est plus suffisant. Les secrets, honteux ou pas, font mal. Ils ne se doivent rien mais quoi qu’ils construisent, il devient évident que les révélations sont nécessaires. De plus, elles ne peuvent qu’aider Elsa à s’affranchir de ce qui la brise.

Depuis presque sept ans, je navigue entre des femmes comme un bateau qui va d’île en île pour faire escale. Seulement escale. En évitant les récifs.

Pour ces deux personnages, il est temps de donner du sens à leur vie. J’ai trouvé facile de la part de Laure Manel de mettre en scène l’évènement qui va précipiter les choses. Voilà. Il y avait quelque chose de facile et de prévisible dans cette histoire. Peut-être que c’est ce qui fait que je ne l’ai pas adoré.

Pourtant, je ne peux que vous conseiller ce livre pour tout ce qu’il pourrait vous apporter. On a une héroïne qui se doit de remonter la pente sous peine de se noyer. Et cela, l’autrice ne nous prive pas de détails quant à ce qui se passe dans la tête d’Elsa. C’est un long travail, aucune baguette magique ne viendra aider Elsa. C’est un roman, si l’on enlève la rencontre qui pourrait paraître irréelle, qui est très réaliste. Cela pourrait être votre histoire ou celle de votre voisin. Un moment de lecture intéressant.

Mon plus gros regret finalement tiendrait plus du fait que j’aurai voulu plus de présence des chevaux, à titre thérapeutique, mais ils sont là quand même, tout comme le magnifique paysage qui entoure François et Elsa.

Ma note : 12/20.

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5 commentaires sur “La délicatesse du homard de Laure Manel

    1. C’est ça – j’essaie de venir à bout des livres achetés en janvier. J’ai terminé mes numériques. Il reste deux romans et je pourrai être à jour. 🙂
      Je suis contente que tu perçoives la différence. Comme je me refuse (jusqu’à un certain point) à mettre moins de la moyenne parce que bon… écrire un livre, ce n’est pas forcément facile quoi, je me sens plus à l’aise en pouvant naviguer entre 10 et 20. Mais ce n est pas un mauvais roman du tout. (Pas ton genre c’est sûr) simplement, je crois que j’ai trop lu d’histoires de ce genre et celle-ci ne s’est pas détachée. Et c’est dommage.

      Aimé par 1 personne

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