Avis

Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier

Couverture et résumé :

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Vus de l’extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings… Mais le jour où les skateurs s’en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c’est Samy qui s’est interposé et lui a sauvé la mise. Et c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés, et que l’histoire a commencé. Samy a essuyé le sang qui coulait de la tempe de Dam, avec sa manche noire. C’était la première fois que quelqu’un le touchait avec autant de douceur…

Editeur : Rouergue
Collection : doado
Numérique : 7€49
Papier : 9€70
Pages : 104
Sortie : 11/09/2011

 

Mon avis :

Si vous n’avez pas encore vu la vidéo de Sam du blog Sur l’étagère derrière la sirène en plastique, c’est le moment de vous laisser convaincre : elle y parle de cinq romans LGBT pour la jeunesse. C’est ici que ça se passe. Parce que sans Sam, je serai assurément passée à côté de ce livre qui est une vraie pépite.

Perplexe face à la narration durant les premières pages, j’ai fini par me laisser prendre par le texte. Complètement.

Ça veut dire on t’aime, tu fais partie de notre bande, reste avec nous, tout ça à la fois.

Damien est un ado tout ce qu’il y a de plus ordinaire, je le pense. La différence va résider dans le fait qu’il ne bénéficie pas du soutien sans faille de sa famille. Et ça, c’est très variable d’un ado à l’autre. Le harcèlement scolaire ne date pas d’aujourd’hui et la façon dont la victime va le gérer dépend en grande partie de son entourage et d’elle-même, ensuite. Avant Samy, Damien n’avait pas d’entourage proche. Samy se transforme en ancre ou presque.

Il y a plus compliqué dans ce récit que de mettre en avant un ado qui pourrait se découvrir homo, qui fréquente des gothiques et qui a du mal à s’entendre avec ses parents.

Dès qu’il s’est écarté de moi j’ai ressenti ce vide atroce, comme s’il avait comblé un gouffre qui aurait été toujours là, et que d’en partir ça rendait les choses encore plus douloureuses.

Damien souffre d’un problème qui, même s’il est de plus en plus évoqué, me semble assez fréquent durant l’adolescence. Il se scarifie parce que c’est la chose la plus simple à faire. Se faire souffrir pour relâcher tout ce qui comprime, à l’intérieur.

J’avais trop la trouille de mourir, moi je voulais juste vivre, vivre mieux et plus fort, devenir quelqu’un de bien, aimé admiré et respecté, qui réussit quelque chose.

Ce texte m’a impressionné par sa justesse. Les mots frappent. A l’adolescence, beaucoup ne connaissent pas la demi-mesure. Pourtant, il y a un vrai contraste entre Damien, âme solitaire et fréquemment agressée par les autres, et Samy, dont les parents (la mère en particulier) parvient grâce à sa présence à livrer assez de force à Samy pour ne pas se laisser submerger. Samy gère parce qu’il peut parler. Damien garde tout en lui, tout.

Tant que je saigne, je suis vivant.

Les mots atteignent comme les lames de Damien. Vous ne savez pas comment tout cela va tourner. Vous voyez que c’est très fort ce qui se passe dans la tête de Damien, trop fort ? Exagéré ? Quel genre d’ado vous étiez ?
Lire Le faire ou mourir, c’était comme entendre un écho du passé. Des points lointains qui m’ont rappelé qu’on n’est jamais seul dans la souffrance mais que bien trop souvent, on ne la partage pas ou on ne peut pas la partager.

Je sens que j’existe et qu’il y a des possibilités d’avenir? Qu’il y a une chance, même une toute petite chance que j’arrive un jour à être heureux.

Un texte qui vient démontrer comment une simple chose, infime, peut changer toute la donne. Je crois que c’est ce que j’ai le plus apprécié ici. On nous offre la possibilité de voir comment une chose peut prendre un chemin ou un autre grâce à une petit détail qui n’a l’air de rien.

La grosse boule de fureur était énorme, et à force de faire des brèches sur ma peau tout a dû se déchirer en lambeaux et sortir d’un coup.

Assurément, ce livre est le meilleur que j’ai pu lire sur l’adolescence, les relations parents/enfants, frères/sœurs. Les douleurs silencieuses, les peines qui s’accumulent et provoquent une éruption dévastatrice. Un texte court mais qui va droit au but, qui a réussi à me transporter dans diverses émotions. Une réussite.

Ma note : 19/20 (parce que finalement, j’aurai bien apprécié en avoir plus ! )

 

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3 commentaires sur “Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier

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