Avis

La Tresse de Laetitia Colombani

Couverture et résumé :

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Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.
Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

Editeur : Le Livre de Poche
Pages : 238 (version poche)
Numérique : 4€99
Poche : 7€20
Grand format : 18€ (aux éditions Grasset)
Sortie : 10/05/2017

 

Mon avis :

Cela fait un moment que je vois passer ce roman sur la toile mais comme ce n’est pas ce que j’aime, je n’ai jamais été plus loin que de lire les avis sur lesquels je suis tombée. L’ayant revu dans un article du blog Letempodeslivres que vous pouvez trouver ici, j’ai décidé de me laisser tenter.

J’ai eu un mal fou à entrer dans ce  livre : je pense que c’est largement dû à ma fatigue cumulée mais je tiens à le souligner.

La narration alterne entre trois femmes, trois situations différentes mais dont le lien se dessine clairement au fil des pages.

Je me suis plus facilement attachée à Sarah qu’aux deux autres femmes.

« La culpabilité était sa vieille compagne, qui s’imposait partout sans y être invitée. Elle était cette pancarte de publicité dans un champ, cette verrue au milieu d’un visage, disgracieuse, inutile, mais c’était ainsi : elle était là. Il fallait faire avec. « 

Sarah, avocate et maman mais obsédée par l’accomplissement professionnel sait tout de ce qu’elle manque en continuant dans cette voie. Il me paraît assez déplacé de lui reprocher ce dont elle a si bien conscience. Mais la vie va se charger de lui rappeler qu’elle peut être une vraie chienne ou un terrain d’apprentissage, question de point de vue.

« Elle n’oublie qu’une chose, pourtant apprise durant ses années de métiers : lorsqu’on nage parmi les requins, mieux vaut ne pas saigner. »

Du côté de Smita, mon cœur a été broyé par l’image que l’autrice nous renvoie : ce n’était pas la première fois que je tombais sur les Intouchables mais ici, c’était percutant.

« Tu n’auras pas sur toi cette odeur infâme, ce parfum indélébile et maudit, tu seras digne. »

On admire son combat pour que sa fille devienne quelqu’un, on le comprend et on le soutient jusqu’au bout en sachant que là où règne les inégalités, il ne sera pas aisé de s’accomplir. Elle trouvera de nombreux obstacles sur sa route.

« L’amour est volatil, se dit-elle, il s’en va comme il vient, parfois d’un coup d’ailes. »

Du côté de Guilia, dont les rêves sont liés à l’entreprise familiale, un dur combat s’annonce : outre le coma de son père, les doutes quant à la possibilité qu’il se réveille, elle va apprendre que son travail ainsi que toute sa vie bien tracée risque de s’effondrer.

« […] et comprend soudain que cet homme, elle ne l’a pas rencontré par hasard, le jour de Santa Rosalia. Il lui a été envoyé. Le ciel a entendu sa prière, et l’a exaucée.

Il est là le signe, le miracle qu’elle attendait »

Trois femmes, trois forces de la nature qui vont braver avec courage, la vie et les cartes qu’on leur a donné, en ne laissant pas la partie perdue d’avance. Laetitia Colombani joue avec les émotions des lecteurs, les promenant d’un endroit à un autre, d’une histoire à une autre et liant le tout pour une fin touchante.

Mon ressenti global est mitigé : on ne reste pas indifférent, c’est quasiment certain face aux épreuves qui attendent les héroïnes mais le tout se fait presque en légèreté, donnant l’effet d’un effleurement, alors qu’on voudrait plonger dans l’abîme.

C’est une histoire réussie si l’on cherche un moment émouvant qui se partage dans trois endroits du monde : différents mais dont le terrain n’est plat nulle part.

 

Ma note : 14/20.

 

 

 

 

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5 commentaires sur “La Tresse de Laetitia Colombani

  1. C’est le fait que Sarah soit mère que tu t’y es plus facilement attachée ? Moi c’était avec Smita 🙂 Contente de voir que tu t’es lancée, bien que tu en ressors assez mitigée. J’avais beaucoup aimé car l’histoire de l’Intouchable m’avait vraiment émue, comparée à celles des deux autres. La façon dont l’auteur avait retranscrit les choses aussi, comme tu l’a dit : percutant. Et les citations que tu as mise son un très beau reflet. C’est une très bonne critique de ce livre 🙂

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    1. Smita est une maman aussi… J’ai surtout l’impression que c’est Sarah qui tombe de plus haut malgré les conditions de vie de Smita… Mais il y a de bons mots tout au long du texte ce qui en fait une lecture particulière même si je ne suis pas convaincue à 100% 😉
      Merci 🌸

      Aimé par 1 personne

      1. Oui, je me suis mal exprimé, je voulais dire « maman moderne » dans le sens où le mode de vie de Smita est vraiment loin de celle des occidentaux, alors est ce que c’était pour ça que tu avais plus facilement tissé des liens avec Sarah. Mais tu m’as répondu 😉

        Aimé par 1 personne

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