Avis

La maison aux Orangers de Claire Hajaj

Couverture et résumé :

L’amour peut-il grandir là où la haine a été semée ?

Jaffa, Palestine, 1948. Salim attend impatiemment le jour de ses huit ans. Enfin, il va pouvoir accompagner son père pour la cueillette des oranges, symbole du passage à l’âge adulte. Mais il n’aura jamais cette joie : la guerre israélo-arabe débute et sa famille est obligée de fuir en laissant derrière elle la maison et les orangers.
Sunderland, Angleterre, 1959. Judit, douze ans, doit préparer sa bat-mitsvah. Elle voudrait pourtant oublier son prénom trop connoté, le poids écrasant du passé familial hanté par les pogroms russes et les camps allemands, et se jette à corps perdu dans la natation.
Londres, swinging sixties. Lorsque leurs chemins se croisent, Judit et Salim tombent follement amoureux. Comment réussir à imposer leur histoire? Parviendront-ils à faire fi du poids du passé et à surmonter les embûches qui les attendent ?

La sortie poche est prévue pour le 27 mars 2019 – disponible en grand format et numérique pour le moment.

Mon avis :

Je ne sais pas si le contexte de la guerre entre les Juifs et les Musulmans sert de base à l’histoire d’amour ou si c’est l’inverse, si cette romance en apparence impossible sert de prétexte pour évoquer la guerre.

Ce roman est divisé en plusieurs parties.

Dans la première, nous découvrons Salim, Musulman, sur sa terre natale où éclatent les conflits. La maison aux orangers, c’est chez lui. Peu importe l’attachement qu’il a pour ses terres, il sera obligé de les quitter. En parallèle, nous suivons la naissance de Judit, Juive, et son évolution. Elle a du mal à trouver sa place parmi les siens, notamment lorsqu’il s’agit de religion, elle a aussi quelques problèmes d’intégration à l’école.

Durant la seconde partie qui se passe à Londres, Salim est devenu un jeune homme qui doit encore valider sa dernière année d’études. Judit va croiser son chemin. Ils vont tomber amoureux malgré les conflits opposants Juifs et Musulmans. Commence alors le premier combat pour eux : faire comprendre à leurs proches qu’ils aiment l’ennemi.

Vous croyez à ça, tous les deux, tout ce baratin sur la paix et l’amour ? En Angleterre, d’accord. En Palestine, la paix, l’amour, ça n’existe pas. Si vous partez là-bas, ce ne sont pas des fleurs que vous allez recevoir, mais des pierres.

C’est la prise de conscience de toutes les difficultés qui attendent Judit et Salim. Bien au-delà, s’aimer est-il suffisant dans ce contexte ? Ce qui me paraît assez dommage ici, c’est de trouver leurs sentiments dépourvus de force. Ils s’aiment mais j’ai la sensation que ça aurait pu être différent.

Durant la troisième partie, on aborde la vie de famille et leur vie au Koweït. Si Judit et Salim sont toujours liés, parents de jumeaux, ils ne paraissent plus trop sur la même longueur d’ondes. Et Salim a la pression pour retrouver du travail et faire ses preuves.

– Omar ne m’aime pas. Il n’est pas de ma famille, malgré toutes les conneries que raconte Adnan sur nos liens de sang.

Il secoua la tête.

– Un moustique partage mon sang, mais je n’ai pas à l’appeler mon cousin. Et il m’aimera moins si je ne lui fournis pas ce qu’il est venu me prendre. On verra.

Même dans ce nouveau pays, rien n’est facile pour eux.

Je suis britannique, avait-il invoqué pitoyablement auprès de Meyer, l’après-midi même. Invoqué comme un gamin, alors que son pays natal était attaqué par des hommes comme Meyer et des femmes comme Jude.

Cet extrait montre toute la difficulté du couple à rester uni malgré la haine qu’il y a autour d’eux.

Un nouvel événement va chambouler la vie de Salim et lui donner un énième coup de grâce, fragilisant sa confiance en lui et en son amour pour sa famille. Si je n’ai pas éprouvé trop d’empathie à son encontre, c’est pour Jude et les deux enfants que mon cœur s’est serré.

Dans la quatrième partie :

Quel genre d’homme es-tu, pour prêter attention à ce que les autres pensent de ta femme, de ton choix ? C’est pour toi que je pleure.

On entre dans quelque chose de plus intense au niveau émotionnel avec Salim qui se perd dans une quête vaine, sa famille qui part à la dérive.

Claire Hajaj offre une fin explosive, qui noue les tripes et fait déverser les larmes.

En conclusion, malgré cette fin d’une infinie tristesse, d’une très grande profondeur et chargée d’espoir, cela ne vient pas compenser l’ennui que j’ai pu ressentir durant les premières pages. Entre la quête désespérée d’un homme pour un passé révolu, le problème des religions, les guerres et les déboires familiaux, Claire Hajaj signe un roman qui, je n’en doute pas, saura trouver son public. Toutefois, ce ne sera pas moi.

Ma note : 3/5.

A dire vrai, j’imagine qu’il y a des faits historiques au beau milieu de tout cela. De façon générale, l’Histoire est une matière qui ne m’a jamais attirée. De même, toutes les guerres du monde n’auront pas de justifications suffisantes pour me permettre de prendre un parti quelconque. Toujours à l’identique, j’ai grandi au milieu d’un monde de paix et de tolérance bien que je ne sois pas naïve pour autant. Mes grands-parents ont probablement connu les mêmes problèmes que Jude et Salim : la seule différence, c’est qu’ils ne se sont jamais quittés (la mort les a séparé). L’un comme l’autre n’ont jamais imposé leurs religions respectives à leurs enfants ni l’un à l’autre. Chacun priait le dieu de son choix, c’était un respect mutuel. Alors, non, je ne comprends pas Salim ni la plupart de ses réactions. Quant à Jude, elle est à l’image qu’on nous pousse à se faire des femmes de l’époque : se pliant aux désirs de son homme. Mais elle est plus impressionnante encore parce qu’elle finit par s’imposer.

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5 commentaires sur “La maison aux Orangers de Claire Hajaj

  1. « Toutefois, ce ne sera pas moi » mdrr, ménage moi s’il te plait, je ne peux pas rire, j’ai une extinction de voix, j’ai salement pris froid. Le voici donc, le livre tant adulé que tu attendais avec impatience et dont tu m’a parlé par MP (mdrr note bien le sarcasme, je sais que vu que c’est de l’Histoire et de la guerre, ça n’allait pas matché). Les extraits que tu as fourni m’ont quand-même intéressé. Surtout qu’apparemment, le côté historique sert de « contexte » (pour l’histoire d’amour, la formulation de ton début de chronique m’a fait penser à ça « qui est venu en premier ? L’oeuf ou la poule ? » xD). La quatrième partie rien que par l’extrait avait l’air plus chargée en tristesse oui… Tu parles de déverser les larmes, plutôt de manière générale ou bien ça t’a fait pleurer ?

    Aimé par 1 personne

    1. La fin est trop triste. Vraiment. Elle est aussi source d’expérience et pas la meilleure qui soit. J’ai eu envie de pleurer – Je pense que tu pourrais être touchée juste par ce passage parce que c’était tellement horrible. En réalité, on s’y attend un peu, je crois.
      Après, ce n est pas un mauvais livre. Il est trop mou pour moi. Trop dans l’attente de… peu d’action. Et la romance, puisqu’elle est citée dans la présentation pas si magnifique que ça.

      Aimé par 1 personne

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