Avis

Le choix d’Idrissa de Lorys V./Pa’ Farouche

Couverture et résumé :

Je n’avais pas très envie de rejoindre pour quelques jours ce vieux politicien et sa famille dans leur luxueuse villégiature en bord de mer. L’idée de réaliser ce reportage photo pour un magazine m’ennuyait. Pourtant, depuis que je suis arrivé je dois bien avouer que ce job a priori insipide m’émeut et… comment dire… me bouleverse !

Il y a un garçon étrange ici, étonnamment silencieux et mélancolique. Il m’a suffi d’un regard pour en tomber complètement amoureux. Mais tout semble si compliqué… Il est tenaillé dans une relation malsaine, où se mêlent hypocrisie, machisme et racisme. Il souffre. Il serait tellement mieux avec moi, j’en suis sûr. Je pourrais lui offrir un véritable amour et l’aider à s’épanouir. Mais comment aider Idrissa à faire le bon choix ? Pourquoi est-il si difficile parfois d’aller vers l’amour lorsqu’il nous tend les bras ?

Mon avis :

J’ai complètement réécrit mon article parce que le premier retour que j’avais rédigé ne me paraissait pas pertinent vis à vis de mon ressenti final. Il était assez négatif mais je souhaitais vous offrir un avis plus nuancé : si ce roman n’est pas un coup de cœur, il mérite le détour. D’autant que je lui accorde une note très correcte. Cela jurait un peu !

Ce roman est divisé en deux parties : une première du point de vue de Benjamin et une seconde du point de vue d’Idrissa. C’est un atout. Je trouve que ça manque parfois dans d’autres récits. J’ai ressenti comme une cassure au moment de ce changement de voix. Le rythme reste bon malgré tout.

Benjamin est photographe. Il est parfois obligé d’accepter des missions qu’il n’aime pas mais qui rapportent bien plus d’argent. Cette fois, son travail le conduit dans le milieu politique où tout n’est pas rose. Il va ainsi faire la connaissance de Pierre, un ex-ministre et de sa femme Lucie, un ancienne actrice à la mode. Si sa première rencontre avec Pierre est plus détendue qu’il ne s’y attend, Benjamin comprend très vite que certaines de ses idées reçues sur le monde politique sont fondées. Benjamin est sur la réserve jusqu’à ce qu’Idrissa entre en scène : coup de cœur ou coup de foudre, peut-être bien un coup de folie… Qu’importe, Idrissa devient son monde. Un événement va repousser la séance photo pour mieux permettre à Benjamin d’approcher Idrissa lors d’un séjour sur la Côte d’Azur.

Premier point : j’ai du mal avec le concept des sentiments explosifs dès la première rencontre. Je sais, on ne devrait pas mesurer l’amour au temps mais là, ça a été un peu difficile à me faire avaler. Surtout, lorsque la parole est à Idrissa.

Au travers du regard de Benjamin, l’empathie envers Idrissa est forte. Du côté d’Idrissa, c’est plus confus. Il sait qu’il se trouve dans une relation malsaine mais il n’a jusqu’à présent pas vu de porte de sortie. Il est assez lâche (sa situation est particulière alors on pardonne un peu… un peu seulement – il a fini par m’agacer sérieusement). Pour moi, ce n’est pas son attitude envers Pierre (son mec/son employeur/son esclavagiste) qui est le plus dérangeant mais ce qu’il fait à Benjamin (et là, je n’ai pas les mots pour exprimer la colère que j’ai ressenti tout au long de cette deuxième partie). Il remonte dans mon estime très tardivement, mais il remonte !

J’ai adoré le personnage qu’est Lucie : cash et bienveillante à la fois… limite une maman.

J’ai apprécié qu’on évoque le racisme sous une forme très connue : l’esclavage (sexuel) parce qu’il y a encore des gens pour penser qu’être blanc est signe de supériorité absolue. Cependant, le cas d’Idrissa est spécial. Il est difficile d’évaluer son statut de victime : il vit depuis trop longtemps auprès de son maître. De plus, Pierre est un homme qui use de tous les moyens pour réaliser ses souhaits : un homme malin qui tient Idrissa par les co******.

J’ai refermé ce livre avec un sentiment mitigé : la fin est arrivée un peu vite. Un chapitre du point de vue de Benjamin aurait été sympathique. Même si j’ai imaginé d’autres conclusions à ce texte, celle-ci colle bien au reste de l’histoire.

Un roman qui peut vous plaire si vous êtes tentés par l’idée d’entrer dans une famille à part, où se mélangent pouvoir, corruption, trahison, hypocrisie… et j’en passe. Passions et propositions indécentes sont au rendez-vous dans un lieu idyllique au fonctionnement surprenant.

Ma note : 4/5.

 

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2 commentaires sur “Le choix d’Idrissa de Lorys V./Pa’ Farouche

    1. On sort du cadre de la « romance » classique. Tu serais meilleur public que moi mais (et je le souligne) Idrissa tourne un peu en rond dans ses pensées et même si c’est cohérent par rapport à son passif, c’était énervant… possible même que tu trouves le thème de l’esclavage pas assez approfondi.
      J’ai passé un bon moment de lecture globalement et chaque lecteur a des attentes différentes.

      Aimé par 1 personne

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