Avis

La Ballade de l’enfant gris de Baptiste Beaulieu

Couverture et résumé :


C’est l’histoire de Jo’, un jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit.
C’est l’histoire de No’, un garçon de sept ans, attachant et joueur, qui est atteint d’un mal incurable et ne comprend pas pourquoi sa maman ne vient pas le voir plus souvent à l’hôpital.
C’est l’histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l’autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils.
Un matin survient un drame qui lie pour toujours le destin de ces trois êtres.

Inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients, l’auteur nous offre un troisième roman poignant qui nous entraîne dans une quête initiatique bouleversante.

Mon avis :

Si j’ai retrouvé ce qui m’avait infiniment plu dans le précédent roman de Baptiste Beaulieu (que j’ai lu), (à savoir cette capacité de mener le lecteur au bord du gouffre, lui laisser le temps de prendre conscience qu’il s’agit seulement d’un trompe-l’œil, pour lui mentir encore et glisser là, un vrai précipice, donnant une infime chance au lecteur de s’accrocher quelque part, à une illusion, à une réalité (Une chance sur deux !) ), j’ai eu quelques problèmes de compréhension du récit.

Je sais, cette phrase est horrible ! Mais elle vient du cœur !

Laissez-moi vous expliquer pourquoi. D’une part, je suis une lectrice qui accepte mal d’être trimballée entre passé et présent. Ce qui ne m’a pas facilité la tâche puisque tout le roman repose sur un avant/après dans une alternance parfaite. D’autre part, j’ai été légèrement agacée de tourner en rond.

Si certains passages m’ont semblé long, j’étais surtout impatiente d’arriver au bout, de connaître le fin mot de l’histoire. Ce fut donc une micro déception de ne pas me satisfaire de celle que l’auteur nous propose. J’ai encore un brin d’amertume au fond de la gorge.

Mais laissons place à ce qui vaut le détour dans ce livre :

– les photographies, ce qu’elles représentent, ce qu’elles signifient.

– Jo’, le brave… Il offre un spectacle pathétique (si vous ne cédez pas à la compassion). Pourtant, il possède ce petit truc en plus, qui donne envie de le suivre, de comprendre, de l’aider parfois, malgré tous les défauts qu’il n’hésite pas à nous montrer.

– No’, cet enfant au cœur de l’histoire, pour qui vous pourriez souffrir, pleurer peut-être mais qui est tellement au dessus de tout, tellement malin, tellement drôle, tellement jeune et naïf. Parce que tout ceci est d’une importance capitale pour le voyage qu’il lui faudra entreprendre.

– Maria, cette ombre insaisissable, autour de qui Jo’ et No’ paraissent tourner, sans jamais pouvoir descendre du manège.

– Puisque j’en suis aux personnages, les rôles secondaires ne sont pas à prendre à la légère. Au fil des pages, nous suivons et rencontrons de drôles de protagonistes. Aucun n’est à laisser au bord du chemin.

– Le scénario : à double tranchant, ce dernier vous fera grincer des dents ou vous ravira, peut-être même que vous aurez droit aux deux. C’est inventif, un peu fou mais ce n’est pas un chemin fraîchement goudronné. Cela tient plus d’un sentier abîmé, à flanc de montagne. C’est bancal, risqué : deux options alors, ou vous réussissez l’ascension ou vous chutez.

– La quête : tout se complique lorsque vous décidez de suivre Jo’ dans ce parcours atypique. Cette quête de la mère, cette envie de sauver l’enfant, ce désir de s’aider lui-même. Ce voyage de France en Italie puis en Israël. Cette mystérieuse chambre 33. Des vérités, des mensonges. Je me suis perdue quelque part, peinant à suivre ce brave Jo’ mais toujours intriguée, je n’ai pas lâché prise.

– Et si je vous parlais de la plume ? Poétique, qui ne s’essouffle pas, un brin chatouilleuse, épineuse aussi, elle ne vous laissera pas vous endormir sur vos acquis, elle vous poussera, elle vous interpellera. Peut-être que vous soufflerez dessus pour ne pas qu’elle vous touche ou peut-être choisirez-vous de la saisir, de l’étudier…

La Ballade de l’enfant gris est une invitation au voyage, une source de questionnements, une recherche de soi, une quête de vérité et d’apaisement, de délivrance aussi. Le tout entremêlé de mensonges, de jugements hâtifs et de drames. Je doute que vous puissiez rester indifférents à ce récit émouvant.

Ma note : 4,8/5.

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