Avis

Rendez-vous pour amant.e.s égaré.e.s de Éric Abbel

Couverture et résumé :


« C’était donc arrivé, l’amour, à force de le faire, au point d’oser le dire. Ça les avait saisi·e·s à vif, une de ces nuits, un coup de foudre dans un coup de reins. Dans la douce torpeur qui les saisissait à présent, cette rencontre-là semblait un accident. Ils·elles se délivraient ce « je t’aime » comme un constat à l’amiable, après collision de leurs existences. »
O et U sont-ils·elles un homme et une femme ? Une femme et un homme ? Deux hommes ? Deux femmes ? Au lecteur de se faire sa propre idée dans ce roman qui joue avec nos convictions sexuelles et sociales.
Des premiers rendez-vous aux crises passionnelles, Éric Abbel nous entraîne dans la danse intime du couple.

Mon avis :

Parlons de la couverture : j’adore ! (Ne cherchez pas… elle prend tout son sens à un moment et me fait sourire maintenant.)

Pour le contenu, c’est un peu plus compliqué.

Commençons par la plume, avec une narration peu commune, mais qui surprendra quelques lecteurs, je pense. De mon côté, j’ai eu besoin de quelques pages d’adaptation pour apprécier la fluidité du texte. Ceci dit, c’est aussi ce qui donne à ce roman un « plus » non négligeable.

Nous faisons la connaissance de O qui vient de rompre.

Amiante (avec qui O était mariée) et O ont une fille, Rustine, dont O n’est pas le parent biologique. Cela n’a pas de réelle importance. O est attaché.e à Rustine.

O rencontre U, c’est l’instant des premiers rendez-vous, du désir… Mais O refuse toute relation qui lui prendrait la tête, préférant se contenter des premiers jours, de les savourer et de tout lâcher avant que cela ne tourne au vinaigre.

Mais U s’engouffre dans sa vie au moment où O doit affronter quelques soucis du côté de Rustine et Amiante.

Ces personnages ont tous un petit quelque chose qui les rend extraordinaires. La coupe est décernée à Rustine : protagoniste qui ne manquera pas de vous surprendre.

Si l’histoire est sympathique, aux notes réalistes, parfois loufoques, j’ai relevé un manque d’implication au niveau émotionnel. Pourtant, des émotions, nous en avons mais j’ai eu l’impression de flotter sans jamais pouvoir atteindre aucun des personnages. Heureusement, cette distance n’a pas réussi à me désintéresser du récit.

Le fait de ne pas définir O ou U comme étant un homme ou une femme est un concept original, qui m’a clairement convaincu de lire cet ouvrage. (Voilà qui me permet d’enrichir mon cerveau plutôt ramolli : Éric Abbel a usé de ce qu’on appelle l’écriture inclusive tout au long du roman. Vous trouverez une définition ici.)

Pourquoi je vous recommande simplement de le lire ? Je pense que c’est un récit à découvrir et à apprécier. Je sais que j’ai écrit plus tôt qu’il manquait un petit truc émotionnel mais c’est tellement personnel comme ressenti que ce n’est pas fiable. En revanche, ce roman sort clairement des sentiers battus et mérite qu’on s’y attarde. De plus, il se pourrait que vous puissiez sourire, peut-être même rire ou pleurer… Prenez le risque !

Ma note : 4/5.

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